Ça déborde dans les marinas
La navigation fait de plus en plus d’adeptes. À un tel point que les marinas ne peuvent plus répondre à la demande. Dans tout le Centre-du-Québec et la Mauricie, les quais sont pleins et on a dû refuser des clients.
«Nos 80 places était prises même avant que les quais soient mis à l'eau! On a même rallongé des bouts de quai pour accommoder certains clients», s'exclame René McDuff, gérant du Club nautique La Batture à Nicolet, en expliquant que la situation se répète dans les environs que ce soit à Ste-Angèle, Trois-Rivières ou Batiscan. Il semble que le problème soit le même partout dans la province.
«Il y a une dame d'ici qui a dû aller jusqu'à Longueuil pour trouver une place», raconte M. McDuff.
À Trois-Rivières, où les 250 quais d’attachement saisonnier sont occupés, a gérante de la marina Marthe Lafrenière, renchérit. «Un homme, pour qui il n’y avait plus de place à Trois-Rivières, m’a dit que le quai d’attachement le plus proche qu’il a trouvé pour son voilier est à Rimouski», raconte-t-elle.
Pour la première fois cette année, plusieurs établissements même ont dû établir une liste d’attente pour l'année 2009. «Par les années passées, il nous restait toujours un ou deux quais en réserve pour les visiteurs, mais cette année c'est partout pareil: il n'y a plus une place et on pense déjà à l'an prochain», confirme M. McDuff. En fait, on estime en ce moment qu’au Québec il manque quelque 2000 quais d’attache.
Quelle hausse du carburant?
Pour les plaisanciers, il ne semble pas que la hausse du prix du carburant représente un obstacle. Non seulement les bateaux sont-ils de plus en plus nombreux, mais en plus ils sont de plus en plus gros. À tel point qu'il n’est maintenant plus surprenant d’en voir qui mesurent de 35 à 55 pieds de longueurs. «On ne comprend vraiment pas pourquoi il y a eu une telle hausse, mais c'est certain que ça nous fait plaisir. Pour moi les baby boomers ont décidé de faire du bateau!», lance M. McDuff.
Certains vacanciers sont tout de même conscients que leur loisir leur coûte plus cher. «Pour économiser, on fait de plus petites étapes; de moins longues distances», raconte un navigateur en visite, Daniel Perrier, en glissant que bientôt ce loisir sera réservé à ceux qui ont plus de moyens financiers.
D’autres, afin d’économiser de l’essence, achètent des voiliers ou des trawlers, un bateau à moteur qui consomme peu et qui demande moins d’efforts physiques qu’un voilier.
Notons que la région est un lieu recherché pour son emplacement central entre Québec et Montréal. En 2007, les retombées économiques des plaisanciers dans la région ont été estimées à 1,3 million$.