Bernard Thompson et André Drouin Photo Mauricie Express
«On veut apporter une solution à une commission qui n'a pas le mandat d'en apporter une» - André Drouin
Drouin et Thompson devant la Commission Bouchard-Taylor
La Mauricie est un point chaud dans toute la polémique entourant les accommodements raisonnables. Si les débats ont été vifs jusqu'à maintenant partout où la Commission Bouchard-Taylor s'est arrêtée, ils le seront probablement davantage là où L'affaire Hérouxville a commencé.
Bernard Thompson, auteur du livre Le syndrome Hérouxville ou les accommodements raisonnables, et André Drouin, conseiller municipal, prendront part à la Commission Bouchard-Taylor les 23 et 24 octobre prochains à Trois-Rivières. L'objectif de leur rencontre: démontrer qu'une solution est possible pour enrayer toute forme d'accommodement raisonnable au Québec. «Jean Charest et Charles Taylor l'ont dit: la Commission n'est pas là pour apporter une solution, mais bien pour susciter un débat, explique André Drouin. Ça nous coûte 7 millions$ cette Commission, nous on veut apporter une solution!»
Thompson et Drouin seront présents le 23 octobre à l'Hôtel du Roy de Trois-Rivières pour prendre part au forum. Ils disposeront de deux minutes pour discuter des accommodements raisonnables. Le lendemain, ils présenteront leur mémoire, un document de 15 pages proposant une solution concrète au problème. «Mon objectif n'est ni de devenir une sommité en la matière, ni de devenir une célébrité. Mon seul objectif est qu'il n'y ait plus d'accommodement raisonnable. Ils semblent bien que nous sommes les seuls à apporter une solution. En espérant que nous soyons écoutés», ajoute-t-il.
La solution pour Thompson et Drouin, ce n'est pas la laïcité. «Ça prendrait un document où quelqu'un à l'Assemblée nationale dit qui sont les Québécois. Et en annexe, il y aurait un plan détaillé et précis de ce qu'on fait et ne fait pas ici. Qui va appliquer ça et comment ça va se faire, ce n'est pas de notre ressort. Ce qu'on dit, c'est seulement que l'immigrant qui veut venir habiter ici, devrait savoir avant de venir ce qui se fait au Québec et ce qui ne se fait pas!», explique le conseiller municipal. «On n'est pas raciste, ni xénophobe. Ce qu'on dénonce, c'est le manque flagrant de support du gouvernement aux immigrants», renchérit M. Thompson.
«C'est à celui qui impose d'accommoder»
«Vers les années 55, quand les moulins à papier ont décidé de continuer leur production le dimanche, les travailleurs n'ont pas demandé d'avoir une chapelle à côté de l'usine. Quelques années plus tard, quand le gouvernement a dit que les magasins devaient être ouverts le dimanche, les travailleurs n'ont pas demandé de pouvoir prier pendant leur travail», se rappelle M. Drouin.
Il ajoute que ce devrait être de même pour les autres religions. «Si quelqu'un veut venir au Québec, mais ne veut pas que sa femme se baigne dans la même piscine qu'un homme, c'est à lui à demander à celui qui lui impose ça, son Dieu, de l'accommoder», ajoute-t-il.
Le mémoire de Bernard Thompson et d'André Drouin a été déposé à la Commission Bouchard-Taylor au mois de septembre. Il a été traduit en anglais, en espagnol, en portugais, en italien et en allemand.