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Ferme-école: un projet plus que populaire


Publié le 17 mai 2017

Le travailleur népalais Dik Bahadur Waiba, en compagnie de Dominic Drapeau, propriétaire de la Ferme Drapeau et Bélanger.

BILAN. Le projet-pilote de ferme-école est un véritable succès dans l'est de la MRC de Bécancour. Le nombre de demandes pour participer au projet est grandissant, car le bouche à oreille a fait son effet dans les derniers mois.

«On reçoit plusieurs appels de gens qui ont un intérêt envers le programme qu'on offre. De plus, on reçoit des témoignages de personnes qui nous disent qu'il faut en parler au gouvernement. La plupart nous disent qu'ils aimeraient arriver à la campagne et non à la ville. On voit alors qu'il y a cet attachement-là et on a une main-d'œuvre dont on ne peut pas se passer. Donc, il faut faire le lien et arrimer tout ça», indique Céline Auger, chargée de projet.

Pour le moment, un Népalais est à l'emploi à la Ferme Drapeau et Bélanger, à Sainte-Françoise. Un autre Népalais, qui était à Joliette, est présentement en essai sur la Ferme Philo de Fortierville. «Ça fonctionne très bien. Le propriétaire est très satisfait et le jeune semble aimer son travail, lance Mme Auger. Son enfant et sa conjointe sont ici présentement et ils ont visité un appartement.»

La consultante mentionne que dès le départ, le projet de revitalisation avait été réfléchi pour les Népalais. Pourquoi? «Parce qu'ils ont été accueillis dans les régions, mais ils ne sont pas restés au Québec longtemps. La plupart des familles agricoles népalaises sont parties au Manitoba ou en Ontario, par exemple, et certaines sont même allées aux États-Unis, indique-t-elle. Et quand on regarde les raisons pour lesquelles elles sont parties, on voit que c'est parce que les gens n'étaient pas capables de se trouver un emploi, alors que maintenant, on sait qu'ils travaillent sur des fermes, dans leur nouveau milieu de vie.»

Pour elle et sa collègue Suzanne Laroche, ça ne fait pas de sens puisqu'elles considèrent qu'ici, on en a de l'emploi en agriculture. C'est suite à cette réflexion et à la question «qu'est-ce qui fait qu'on n'a pas été capable de les retenir?» que les discussions ont débuté. «Au départ, on s'est dit que si on était capable de faire un projet et d'aller chercher une famille, il y aurait certainement un effet d'entraînement. Et c'est exactement ce qui se passe en ce moment», rapporte Céline Auger.

Les deux chargées de projet estiment qu'au-delà du volet d'intégration de travailleurs immigrants en milieu agricole, le projet est un filon intéressant pour la vitalité des communautés, particulièrement en ce qui concerne les écoles.

«On répond aussi à une certaine responsabilité sociale, croient-elles, puisque ces gens-là, on les accueille. La plupart d'entre eux sont des réfugiés qui ont une expertise agricole et c'est une expertise que le Québec ne peut pas perdre. Et nous, on souhaite enrichir notre milieu avec ça.»

Enfin, Suzanne Laroche ajoute que les Népalais détiennent une expertise agricole, mais que les Syriens qui arrivent sont encore plus près de la réalité agricole, au niveau de la formation nécessaire. «On se dit que ça n'a aucun sens qu'il n'y ait pas une filière à partir du moment où ils arrivent, qu'on ne puisse pas les diriger. Il faudrait que ceux qui le désirent puissent venir directement en région», conclut-elle.