L'un des plus vieux moulins à eau au Québec mis au jour

Sébastien Lacroix sebastien.lacroix@tc.tc
Publié le 19 novembre 2014
Le mur est et les coins sud-est et nord-est du moulin principal ont été mis au jour.
(Photo gracieuseté)

HISTOIRE. Une équipe d'archéologues a mis au jour les vestiges d'un moulin à eau qui aurait été construit il y a 300 ans, ce qui en ferait l'un des plus vieux au Québec, sinon le plus ancien.

Selon des documents historiques, le Seigneur de Pierreville, Lemaître-Duhaime, aurait construit le moulin en 1713. «Nous l'avions situé autour de 1740 ou de 1750, alors c'est plus tôt que ce que nous avions prévu», indique l'archéologue, Geneviève Treyvaud.

«À cette époque, il y avait beaucoup de moulins à vent, mais très peu de moulins à eau. Il est peut-être l'un des seuls de cette période, souligne Geneviève Treyvaud. Ces découvertes nous permettront de savoir comment étaient faits les moulins de cette époque et les différentes interventions et modifications qui ont été apportées au paysage naturel de l'île.»

Lors des recherches menées à la fin du mois de septembre, ils ont mis au jour le mur est et les coins sud-est et nord-est du moulin principal qui servait à fabriquer de la farine.

Ils ont également retrouvé différentes structures servant à l'alimenter, tels que des canaux et des digues, les restes d'un autre petit bâtiment, la plate-forme d'entrée et le chemin accédant au site.

Des échantillons de sol ont également été pris afin de voir s'il est possible de retrouver des graines ou des restes organiques associés aux récoltes des 18e et 19e siècles. Plusieurs artefacts, de cette période ont d'ailleurs été découverts sur place, tels que des tessons d'assiettes et de tasses, des pipes en argile et des clous forgés ou découpés.

Ils retourneront sur place en fin de semaine pour aller arpenter les digues qui servaient à gérer l'arrivée d'eau au moulin. Ils seront également à la recherche d'amoncellements de pierres qui seraient restés lorsque le moulin a été emporté. «On ne pouvait pas les voir avec la végétation. Avec la neige qui vient de tomber, ce sera parfait», explique Geneviève Treyvaud.

Découverte fortuite

C'est l'an dernier que les archéologues Geneviève Treyvaud et Michel Plourde sont en quelque sorte tombés sur le moulin. Avec en main une carte de 1788, ils se sont arrêtés sur une île située sur la rive ouest, en amont de la rivière aux Vaches.

Rien ne laissait alors présager qu'ils feraient cette découverte importante. Comme pratiquement personne n'y avait mis les pieds depuis la fin de l'exploitation du moulin, les herbes étaient à hauteur d'homme et les arbres avaient poussé ici.

C'est en s'accrochant les pieds dans un amas de pierres, puis en creusant, qu'ils ont découvert les vestiges d'un moulin. «Sans quoi il n'aurait peut-être jamais été retrouvé», raconte Geneviève Treyvaud.

Dates à retenir

19 avril 1880

«Le moulin à farine situé à 3 milles du village de Saint-Thomas a été emporté par la violence de la débâcle», extrait du Journal des Trois-Rivières.

1875-76

Le Registre foncier du Comté de Yamaska fait mention de vente du moulin, du canal du moulin à farine, d'un moulin à carder, à fouler et autres bâtisses sur la grande prairie et aux canaux, pouvoir d'eau et chaussée appartenant à la propriété.

Le saviez-vous?

L'île de la Grande prairie, où ont eu lieu les recherches, a été acquise par Hydro-Québec lors de la nationalisation de l'électricité, si bien que pratiquement personne n'y a mis les pieds au cours des dernières décennies.

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