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La CPTAQ encadre le développement du parc de la rivière Gentilly


Publié le 10 août 2017

Plusieurs activités peuvent être pratiquées au Parc régional de la rivière Gentilly, dont la randonnée.

©(Photo gracieuseté - Andrée Bernet)

TOURISME. La demande d'exclusion du territoire agricole pour la superficie occupée par le Parc régional de la rivière Gentilly et ses prochaines phases de développement a été rejetée par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ).

Du moins en partie, puisque l'instance a plutôt décidé d'autoriser des utilisations à des fins autres qu'agricole et ainsi permettre l'implantation de différents projets. Certaines contraintes ont toutefois été imposées et devront être respectées sous peine de sanctions.

La demande comprenait l'ajout de trois terrains situés à Sainte-Marie-de-Blandford et un autre à Sainte-Gertrude.

Le plus important, ce sont les unités d'hébergement supplémentaires qui ont été acceptées. C'est-à-dire neuf chalets rustiques, deux unités prêt-à-camper et vingt terrains de camping, dont l'aménagement devrait être réalisé en 2018.

Ceux-ci devront se trouver sur une section bien précise de 31 hectares qui est délimitée par la rivière Gentilly, les limites nord et est du Parc, ainsi que le cours d'eau qui le traverse. C'est-à-dire autour des unités existantes. Il s'agit d'un endroit offrant peu de potentiel agricole en raison des fortes pentes aux abords des rivières Gentilly et Beaudet.

Au préalable, des travaux majeurs d'infrastructures seront réalisés, selon ce qu'a appris Le Courrier Sud. Le détail des investissements doit d'ailleurs être dévoilé au cours des prochains jours.

Aucune activité commerciale telle qu'un service de restauration, la vente d'aliments ou de boissons alcooliques, une boutique ou un dépanneur, ne sera acceptée. Seulement la vente d'eau, de bois de chauffage et de glace, ainsi que la location d'équipements sportifs (vélos, raquettes et skis), a été autorisée, étant donné que ce sont des produits en lien avec la vocation récréotouristique de l'endroit.

Le réseau de sentiers pour la pratique de vélo, de ski de fond, de raquette et la randonnée pédestre dans la forêt, ainsi que pour l'équitation, qui était déjà existant, a aussi été officiellement autorisé.

La Commission ordonne toutefois qu'ils ne soient pas recouverts d'asphalte ni de béton et qu'ils ne puissent se trouver à l'intérieur d'une superficie de 33 hectares occupée par une érablière, qui se trouve à proximité. La CPTAQ interdit également l'abattage d'arbres pour l'aménagement de futurs sentiers, sauf s'ils sont morts ou dangereux. Tout ceci n'était pas dans les plans du Parc, de toute façon.

Le président du parc régional de la rivière Gentilly, Karl Grondin, était globalement satisfait de la décision. Un dossier sur lequel il travaille depuis trois ou quatre ans pour s'assurer que les usages qui étaient jusqu'ici tolérés soient maintenant autorisés.

Une contre-attaque?

Une seule ombre au tableau, c'est le camping équestre qui a rencontré une fin de non-recevoir de la part de la CPTAQ. La Ville de Bécancour, qui pilote le dossier, compte d'ailleurs revenir à la charge pour pouvoir inclure ce projet dans une vision d'ensemble de développement.

En mai dernier, le conseil municipal s'était désisté d'une partie de la demande qui visait l'aménagement d'un camping équestre sur une superficie d'environ 1,2 hectare, près du village de Sainte-Gertrude. C'était uniquement dans le but d'accélérer le traitement de la demande afin de permettre la réalisation des travaux d'ici la fin de 2017.

Encore une fois, le camping en question existe déjà, mais l'usage n'a toujours pas été autorisé par la CPTAQ. L'idée était d'ajouter une dizaine de terrains de camping équestre sur le site, du côté de Sainte-Gertrude, où il y en a déjà seize.

À cet endroit, un terrain d'accès et un poste d'accueil, sur une superficie de 5 kilomètres carrés, ainsi que l’aménagement d’un site de traitement des eaux usées, sur une superficie de 2,25 hectares, ont déjà été autorisés.

Dans sa décision, la Commission fait valoir qu'un secteur agricole «dynamique et actif», avec des champs en culture, offrant un «bon», sinon un «excellent» potentiel, se trouve à proximité. Le site choisi ne constitue pas non plus celui de moindre impact.  D'autant plus, souligne-t-on, que d'autres espaces peuvent être utilisés hors de la zone agricole.

C'est cette partie qu'on entend contester. «Nous avons un spécialiste qui travaille avec nous et il trouve ça très sévère. On n'ira pas le faire trois rangs plus loin juste pour être en dehors de la zone agricole, précise Karl Grondin. Il faudra aussi séparer le terrain en deux, sinon, on se retrouvera propriétaire des étangs de la Ville.»

Dans la demande, la Ville fait valoir que ce projet s'insère dans un village où l'on dénombre plus de 150 chevaux et quatre entreprises équestres. Sans oublier la quarantaine d'entreprises qui oeuvrent dans ce secteur d'activité dans la MRC de Bécancour.

Dans les arguments économiques avancés, on note aussi que le Parc est ouvert 12 mois par année, qu'il est fréquenté par 28 000 visiteurs annuellement, dont 35% qui séjournent au moins une nuit. Il générerait des retombées économiques de l'ordre de 1,1 million $ dans la MRC de Bécancour, en plus de fournir 20 emplois.

Depuis 2012, ce sont plus de 1,6M$ qui ont été investis dans le Parc.