Depuis l'an 2000, La Bible Parle, une assemblée chrétienne évangéliste baptiste, dont ceux-ci font partie, se rend fréquemment au village de Tiverny, situé à 200 km de Port-au-Prince. Cette année, Eva-Nancie Camirand, sa nièce Laura et son père Paul ont décidé d'aller mettre la main à pâte avec un groupe comptant une soixantaine de coopérants pour y mettre sur pied un centre de services. «Oui, bien sûr, l'instabilité politique et les enlèvements dont témoignent les médias peuvent être intimidants, mais il faut passer par-dessus. On ne peut pas s’empêcher d’aller au-devant des gens, parce qu’ils en ont réellement besoin », expose le père adoptif d'Eva-Nancie.
Tiverny compte environ 1350 habitants, dont 800 enfants et 550 adultes. Le taux de mortalité infantile est de 20 à 25 %. Le revenu familial moyen est l’équivalent de 4$ canadiens par jour pour une moyenne de six enfants par famille. On y compte environ 80% de chômage. Les habitants vivent essentiellement de la pêche, mais puisque leurs embarcations sont vétustes et non sécuritaires, plusieurs hommes y perdent la vie laissant leurs familles sans père et sans revenu.
Depuis quelques années, La Bible Parle se consacre à la construction du centre de services en collaboration avec des dizaines de villageois. «On a creusé une soixantaine de trous pour la fondation durant notre séjour. Ils ont commencé à couler les piliers quand on est parti», explique Paul Camirand.
Des équipes en rotation y serviront dès 2011 des soins médicaux, dentaires et des chirurgies mineures, offriront un perfectionnement aux sages-femmes, des cours d’alphabétisation aux adultes et enseigneront des cours bibliques. Le terrain sur le site continuera de servir à l’enseignement de l’agriculture. Par ce projet, La Bible Parle compte embaucher pas moins de 40 personnes du village, apportant ainsi une source de gains supplémentaire aux familles. «Tout se fait à bras, mais ce sera une grosse clinique. On engage les gens du village dans la construction, car on veut donner du travail et de l’argent à un maximum de familles », souligne Paul Camirand. À LIRE AUSSI:
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