«C’est incroyable tout ce qu’il y a ici! Par exemple, on a répertorié 140 espèces d’oiseaux et, de mémoire, sept d’entre elles font partie de la liste des espèces en péril, dont le pygargue à tête blanche. On a aussi deux aubépineraies, ce qui est très rare, et la rivière Saint-François contient 13 espèces de moules, dont huit font partie des espèces en péril.»
Autre donnée intéressante : plusieurs tortues, notamment des tortues peintes et des tortues serpentines, se trouvent sur les lieux. Afin de les protéger, l’équipe de Michel Durand a mis en place, l’année dernière, une clôture de contournement de 500 mètres de long à proximité du marais où elles nichent. «Auparavant, les tortues se retrouvaient dans la rue ou sur des terrains privés, où on les perdait souvent dans les piscines. Cette clôture permettra de les diriger vers des sites de ponte artificiels. D’ailleurs, nous en sommes à étudier ces sites, pour voir dans quelle mesure les tortues les fréquentent», indique M. Durand.
Bientôt un sentier d’interprétation?
L’aménagement de cette clôture est la première étape d’un projet d’envergure. Le bureau d’environnement et terre souhaite en effet aménager un sentier d’interprétation de 600 mètres comprenant un belvédère d’observation, des rampes de sécurité, des panneaux d’interprétation et un grand gazebo de 20 pieds de diamètre pour permettre aux gens de se reposer tout en observant les oiseaux et, bien sûr, les tortues, lorsque vient le temps de la ponte.
«On veut aussi attirer des photographes professionnels. Pour ce faire, on aimerait installer des caches à divers endroits afin de faciliter l’observation et la prise de photos.»
Michel Durand et son équipe envisagent également former des guides pour accompagner les visiteurs dans la nouvelle zone protégée. «On aimerait qu’ils soient aptes à parler d’environnement, de milieux humides, de plantes médicinales, etc. Se promener en forêt avec un guide qui peut donner un paquet d’informations, c’est très intéressant», estime-t-il.
Pour réaliser tous ces projets, le bureau d’environnement et terre est à la recherche de financement. Tourisme Centre-du-Québec a déjà été approché, tandis que des demandes seront formulées à Hydro-Québec, au ministère des Affaires indiennes et à Environnement Canada. Dans ses démarches, le bureau pourra compter sur l’appui du conseil de bande d’Odanak.
Jusqu’à présent, quelque 300 000$ ont été investis depuis 2007 pour protéger cette zone, dont la superficie est estimée à 60 hectares, et dresser l’inventaire de sa faune et de sa flore.
Complémentaire
Selon M. Durand, les fouilles archéologiques qui ont cours à proximité du site pourraient également s’avérer utiles au projet. «Dans leurs recherches, les archéologues découvriront certainement le type de plantes et d’animaux qu’il y avait ici il y a 100, 500 voire 1000 ans. On leur a donc demandé d’être précis dans l’inventaire qu’ils feront. Ces informations pourraient nous être utiles pour le sentier d’interprétation qu’on veut mettre en place.» Rappelons que ces fouilles ont commencé le 26 mai dernier et qu’elles se poursuivent jusqu’au 23 juin. En ce qui concerne l’aménagement du sentier, M. Durand rêve de le voir complété à l’automne. «Ce genre de site attire les gens. Déjà, de nombreux cyclistes passent par là pour aller à Notre-Dame-de-Pierreville. Avec ces nouvelles installations, ils seront intéressés à arrêter plus longtemps chez nous. De plus, ce serait un beau complément à nos attractions actuelles, dont le Musée des Abénakis», conclut-il.
