«Les aspects économiques et environnementaux influencent le covoiturage. La société se veut de plus en plus verte et la fluctuation du prix de l’essence encourage les gens à opter pour le covoiturage. Ce sont des facteurs “éconologiques” pour contrer la voiture solo», observe Marc-Olivier Vachon, directeur général d’AmigoExpress.
Les impacts environnementaux de la voiture-solo sont majeurs. Par année, une voiture peut produire entre trois et cinq tonnes de CO2. Le gaz carbonique est responsable d’une partie du réchauffement planétaire.
Transport durableDepuis mars 2008, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) fait la promotion du covoiturage sur son campus et incite les étudiants et les employés à utiliser ce service. Il s’agit d’un moyen utilisé pour remédier aux espaces de stationnements plutôt rares à l’UQTR. «Nos espaces de stationnements ne sont pas suffisants. Avec le covoiturage on veut encourager les universitaires à opter pour les alternatives vertes. Cette année, on a dénombré moins de problèmes quant aux aires de stationnement», mentionne Céline Lemay, écoconseillère à l’UQTR.
Réduire le gaz carboniqueLe site Internet www.covoiturage.ca permet de calculer la réduction d’émissions de CO2 et de rechercher ou d’afficher des départs. À titre d’exemple, un véhicule avec quatre passagers, parcourant un trajet de 50 km aller-retour, cinq jours par semaine pendant 52 semaines permet de réduire de 31,5 kg le gaz carbonique émis dans l’air tout en soustrayant trois voitures de la route. «On veut montrer l’exemple et conscientiser la population. L’UQTR a adhéré au service en prenant en considération les conséquences de la voiture-solo sur l’environnement», explique Martin Gélinas, vice-recteur aux ressources humaines. Le réseau de l’université permet à l’ensemble de la population de s’inscrire gratuitement. L’avantage: les étudiants et le personnel sont certifiés membre UQTR pour assurer une certaine sécurité aux usagers.
Étudiants et baby boomers«Notre chiffre d’affaires a augmenté en même temps que le prix de l’essence. Des raisons monétaires? Les gens sont-ils plus responsables écologiquement? Je pense que c’est une conjoncture, la population est de plus en plus verte», indique Marie-Claire Bergeron du service Allo Stop. Les adeptes réguliers du covoiturage sont surtout les étudiants. Des jeunes étudiants à l’extérieur et voulant retourner dans leur patelin les fins de semaines. Les baby boomers sont de plus en plus nombreux à faire du covoiturage. Chez AmigoExpress, les personnes âgées entre 45 et 55 ans représentaient 8% de la communauté en 2008. Ce chiffre est passé à 11% en l’espace d’un an. «La réalité écologique et économique rattrape toutes les tranches d’âges», affirme M. Vachon. «Les grands-parents qui n’ont pas de voiture utilisent nos services pour aller visiter leurs petits-enfants et la famille éloignée», ajoute Mme Bergeron.
Des réseaux populairesUn véhicule avec quatre passagers, parcourant un trajet de 50 km aller-retour, cinq jours par semaine pendant 52 semaines permet de réduire de 31,5 kg le gaz carbonique émis dans l’air tout en soustrayant trois voitures de la route. -
En l’espace de deux ans le réseau de l’UQTR a reçu 23 917 inscriptions. Le groupe AmigoExpress a constaté une explosion de demandes en provenance de la région au cours des deux dernières années. Signe que la conscience verte a fait son bout de chemin dans la société. «On est présent physiquement dans la région, ça nous aide beaucoup. Le plus souvent on entend parler de nous par le bouche à oreille», constate M. Vachon. Du côté de la rive sud, Transport Collectif Bécancour-Nicolet-Yamaska ne vit pas la même réalité étant donné l’étendue du territoire. «Nous ne sommes pas capables de mixer les membres entre eux. Le territoire est trop vaste et tout le monde utilise sa propre voiture pour se déplacer», constate Nancy Pépin du Transport Collectif. Démarré en 2007, le service de covoiturage de l’organisation compte seulement cinq membres. «On pensait toucher les travailleurs du parc industriel et portuaire de Bécancour, mais les gens s’arrangent déjà entre eux ou via leur employeur», ajoute Mme Pépin.
