Premier cégep québécois à offrir une formation tenant compte du passé et du présent des autochtones, il semblerait que Kiuna ait visé juste, car ils sont 19 étudiants de plus à joindre les rangs de l’institution pour la session d’hiver 2012, qui a débuté le 16 janvier dernier.
Un bilan positifParmi les 30 étudiants inscrits à la rentrée scolaire, tous poursuivent actuellement leurs études, un bilan des plus positifs pour Prudence Hannis, directrice associée à l’Institution Kiuna. « C’est sûr que nous avions des craintes à ce sujet. Les étudiants eux-mêmes étaient surpris d’avoir résisté à la première session et si longtemps dans l’environnement scolaire. Ils se sentent vraiment comme une grande famille; des liens se sont tissés rapidement avec les étudiants, les enseignants et tout le personnel administratif. Avec le nombre d’étudiants qui va augmenter, notre défi va être de maintenir ce niveau de proximité. Pour l’automne 2012, on s’attend à un minimum de 70 étudiants », indique-t-elle. Parmi la clientèle, il y a des représentants des Attikameks, des Innus, des Mohawks, des Hurons-Wendat et des Abénaquis.
Selon Mme Hannis, une attention a été spécialement portée quant au fait de bien entourer les étudiants : « On connait très bien leur réalité, d’où ils viennent, ce qu’ils laissent derrière eux et les défis qu’ils doivent rencontrer pour terminer leurs études postsecondaires. On était ainsi en mesure de savoir ce qu’on devait mettre en place comme services pour faciliter leur intégration dans la communauté et dans le milieu scolaire. » De fait, les étudiants de l’extérieur logent à proximité du cégep, ce qui leur permet de tisser des liens entre eux. La construction de 44 nouveaux appartements est d’ailleurs prévue.
La directrice associée rappelle que le projet a été développé par le Conseil en éducation des Premières Nations, qui lui a consacré les 10 dernières années. Hormis le programme d’accueil et d’intégration, le cégep offre actuellement le programme « Sciences humaines – Premières Nations ». Cette formation de deux ans, offerte en anglais et en français, mène à l'obtention d'un DEC général et ouvre les portes de l’université. « Ce programme, précise-t-elle, n’a pas seulement été adapté, mais il a été déconstruit, puis reconstruit à la lumière des enjeux des Premières Nations. Par exemple, on étudie des philosophes et des œuvres littéraires autochtones. » Le programme est offert à une cohorte francophone et anglophone, avec une majorité de francophones d’inscrits.
Enfin, fait-elle remarquer, il ne s’agit pas d’un collège accessible uniquement aux Premières Nations, mais ouvert à tout le monde. Actuellement, l’Institut regarde la possibilité d’élargir l’offre de programmes d’ici deux ans, en lien avec les principaux besoins exprimés par les communautés qui se situent sur les plans de la santé et de la gestion.
Pour information : http://www.ippn-fnpi.com
