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Onde de choc… et insécurité

Julie Croteau Photo, TC Média

Julie Croteau

Hélène Ruel
Publié le 12 Juillet 2012
Publié le 12 Juillet 2012
Hélène Ruel  RSS Feed

Le drame survenu à Warwick au début de la semaine a créé une onde de choc et provoqué un sentiment d’insécurité du côté de La Volte-face de Victoriaville, maison d’hébergement pour femmes victimes de violence. «Bien qu’elles soient protégées ici, avec leurs enfants, les hébergées ont pu penser que «oui», la violence dont elles ont été victimes aurait pu aller jusque-là!», dit la directrice générale, Julie Croteau.

Sujets :
La Volte-Face , Warwick

Mme Croteau réagit de la même façon que les intervenants d’Homme Alternative en disant que derrière ce drame, il y a la détresse d’un père.

«On peut entendre sa détresse, mais cela ne lui donnait pas le droit de vie ou de mort sur quelqu’un.»

Ce geste n’est pas autre chose que de la «violence conjugale postséparation », dit-elle, ajoutant qu’il existe aussi de l’aide pour prévenir ce type de violence.

Depuis hier, Julie Croteau remarque que ce sujet est encore tout empêtré dans les tabous. «On a tendance à chercher des coupables, à porter des jugements sur le père, sur la mère, sur le système de justice. Dans ce dernier cas, je dirais qu’il est vrai que le système de justice peut sembler plus favorable aux femmes, mais la société évolue. On pense ici que les deux parents sont importants pour les enfants et la garde partagée est tout à fait convenable si les enfants y sont heureux.»

Toujours selon la directrice générale de La Volte-Face, il faut savoir reconnaître la violence conjugale, la distinguer d’un conflit ou d’une chicane de couple. «Tuer ses enfants, ce n’est pas les protéger. C’est une incohérence de justifier sa violence par amour.»

Mme Croteau souligne qu’on reconnaît la violence conjugale quand l’un veut prendre le contrôle sur l’autre, qu’il veut absolument gagner, qu’il contraint sa victime ou d’autres individus (comme des enfants) et qu’il a un sentiment de légitimité.

Elle rappelle que La Volte-Face fait bien plus qu’héberger dans sa maison de huit chambres, une cinquantaine de femmes par année.

L’organisme offre aussi des services externes à des femmes qui ne souhaitent pas être hébergées. Il peut s’agir d’une femme victime de violence ou qui se demande si le comportement de son conjoint a dépassé les bornes.

«Ce peut même être la personne proche qui se demande si sa fille, sa collègue ou son amie ne serait pas victime de violence. Quand on a un doute, un malaise, qu’on a l’impression que le conjoint exerce une domination, ce peut être un indice.»

Dans tous les cas, les intervenantes de l’organisme peuvent parvenir à identifier s’il s’agit d’un différend, d’un conflit ou de violence. Dans ce dernier cas, on pourra même établir des scénarios de protection pour la mère et ses enfants. Et tout cela, précise Mme Croteau, même si le couple est déjà séparé.

Elle dit enfin qu’un drame comme celui survenu à Warwick au début de la semaine devrait mettre en alerte tout le réseau des ressources. «Il faut être attentif à ces situations.» Vingt-quatre heures par jour, sept jours par semaine, on peut appeler à La Volte-Face (819 795-3444). On peut aussi appeler SOS violence conjugale (1 800 363-9010).

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