Cela fera d’ailleurs partie des principales questions que le mouvement soulèvera lors des trois soirées d’information prévues cette semaine dans le cadre d’une opération de distribution de comprimés d’iode dans la région de Gentilly-2, soit à Trois-Rivières ce soir, Bécancour demain et Champlain mercredi.
«On sait que le Japon examine présentement un projet d’extension des zones d’évacuation de 8 à 30 kilomètres autour de chacune de ses installations nucléaires, pour tirer les leçons du terrible accident de Fukushima au mois de mars 2011. On interrogera Hydro-Québec à savoir si le gestionnaire tire lui aussi des leçons de Fukushima ou si c’est «business as usual»», indique le mouvement dans un communiqué diffusé cet après-midi.
Il précise que les experts s’entendent pour dire qu’un accident majeur à Gentilly-2 pourrait dégager un nuage radioactif dont une partie se déposerait aux alentours de la centrale. Ce type de nuage contiendrait notamment de l'iode radioactif. Or, la prise rapide de comprimés d'iode permettrait effectivement de diminuer la quantité d’iode radioactif pouvant se loger dans la glande thyroïde. Parmi les questions qui seront soulevées, les représentants du MSQN demanderont s’il existe également des comprimés pour réduire l’absorption par ingestion ou inhalation du césium, strontium et plutonium radioactifs qui seraient également émis dans l’environnement en cas d’accident.
Ils demanderont également quelle sera l’information qui sera transmise plus spécifiquement concernant les enfants, les femmes enceintes et les jeunes mères, notamment quant à l’importance d’éviter la consommation de lait frais et maternel, lesquels ont la propriété de concentrer l’iode radioactif.
L’organisme se questionne aussi à savoir si lors de ces soirées d’information on indiquera aux agriculteurs et aux résidents des secteurs concernés que les concentrations d’iode radioactif dans l’herbe et les prairies seront des centaines de fois supérieures aux concentrations qu’on retrouvera dans l’air ambiant. «Ce phénomène pose un danger sérieux pour les animaux de ferme, plus particulièrement concernant les produits laitiers et la production de viande animale. Il n’existe a pas de pilule pour contrer ce phénomène», plaide-t-il.
Rappelons que la centrale Gentilly-2 fonctionne depuis plus de 28 ans et qu’une décision imminente doit être prise quant à son arrêt définitif et à son déclassement.
Pour le mouvement Sortons le Québec du nucléaire, le meilleur moyen d’assurer la sécurité de la population réside dans l’abandon de la production électronucléaire.