Le scientifique avait intitulé sa conférence «Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve». Il y a certes des actions qui sauvent. «Ce qui sauve connaît une croissance rapide. Mais est-ce assez rapide?», s’est-il interrogé.Pendant quelques minutes, à l’aide d’images projetées sur écran géant, Hubert Reeves a expliqué l’univers, son histoire, les galaxies qui le composent. «Tout ce qui se passe aussi dans les étoiles est continuellement recyclé», a-t-il exposé.
À un moment de notre histoire, il y a environ 2 600 ans, a souligné l’astrophysicien, un scientifique a découvert que notre planète n’était pas infinie. «Ce qui signifie que l’humain a une influence à l’échelle de la planète», a-t-il souligné, notant au passage que l’humain, à ce jour, a brûlé près de la moitié du pétrole, que, depuis 1950, nous rejetons, dans notre atmosphère (une toute petite couche d’à peine 100 km au-dessus de nos têtes) de plus en plus de gaz carbonique. «La quantité monte en flèche. Ce gaz retient la chaleur, causant une augmentation de la température. Une hausse de 0,5 degré est suffisante pour avoir d’énormes effets. La fonte des glaciers s’effectue à un rythme surprenant, étonnant par rapport à ce qu’on avait prévu», a-t-il mentionné.
Cette hausse de température amène des excès au niveau de la climatologie. «Les phénomènes deviennent de plus en plus importants, tempêtes, périodes de gel et de canicule. Une hausse de deux degrés de la température de la planète deviendrait ingérable», a-t-il soutenu.
Voilà pourquoi le réchauffement doit cesser. Voilà pourquoi il s’oppose notamment au gaz de schiste. «Ce gaz, c’est du méthane, c’est plus puissant que le gaz carbonique pour le réchauffement de la planète. Il faut garder cela à l’esprit. Le réchauffement climatique, c’est capital, c’est à éviter à tout prix», a insisté le scientifique.
L’espèce humaine saccage la planète par son action. «On élimine des centaines d’espèces chaque année. Près de 50% des espèces pourraient disparaître avant la fin du siècle. Il ne faut pas oublier que tout ce qu’on porte comme coup à la nature, on se le donne à soi-même parce que nous faisons partie d’un tout», a-t-il dit.
L’humanité a connu cinq grandes perturbations, cinq extinctions à ce jour. «La 6e extinction est celle qu’on vit actuellement, a signalé Hubert Reeves. On a deux leçons à retenir : les humains pourraient disparaître et la vie pourrait continuer sur Terre, car les espèces qui durent sont celles qui peuvent s’adapter à des conditions nouvelles.» Ce serait dommage, a noté l’astrophysicien, si l’humanité disparaissait, car elle a apporté ce que d’autres n’ont pas fait, à savoir les arts et la culture, la science et la compassion.
Mais le scientifique entretient, malgré tout, l’espoir. «Même si la détérioration se poursuit, l’éveil des consciences se fait extrêmement rapidement», a-t-il constaté. Hubert Reeves ne sait pas s’il existe un point limite de non-retour. «Mais plus on attend, plus ce sera difficile. L’important, c’est être déterminé à faire ce qu’on pense qu’on doit faire. C’est la bonne attitude», a-t-il conclu.
