Chaque année, des emplois sont perdus et d’autres sont créés. La grande majorité des emplois perdus au cours des dernières années étaient des emplois réguliers, à temps plein et permanents. Les nouveaux emplois créés sont plus souvent qu’autrement des emplois à contrat et à durée déterminée, à temps partiel ou à temps complet, ou encore des emplois à durée continue sur appel ou quelques heures par semaine, sans oublier le travail saisonnier. La réalité du marché du travail cause beaucoup d’incertitudes économiques et psychologiques pour les travailleuses et travailleurs qui ne savent jamais s’ils feront suffisamment d’heures pour boucler leur fin de mois, ou encore pour avoir droit au chômage entre deux emplois.
Sur le plan fédéral, il est plus qu’urgent de bonifier le régime d’assurance-emploi afin que ce dernier joue son rôle de «pont» entre deux emplois. Une bonification du régime implique également l’élargissement de l’accessibilité aux prestations ainsi qu’un taux d’indemnisation amélioré.
Du côté provincial, le salaire minimum doit permettre la sortie de la pauvreté. Il est inadmissible que, en 2012, le revenu d’un travailleur ou d’une travailleuse à temps plein au salaire minimum se situe encore sous le seuil de faible revenu. Les Lois du travail doivent également permettre une réelle protection des droits.
« D’la job, y en a! », diront certains. Oui mais, lorsque les emplois disponibles confinent de plus en plus celles et ceux qui les occupent dans la pauvreté, il est du devoir de la société de voir à soutenir ces femmes et ces hommes qui, par leur travail, contribuent à l’enrichissement collectif sans pour autant en bénéficier. Ce n’est que le juste retour du balancier! » déclare Catherine Gendron du Mouvement Action-Chômage de Trois-Rivières.
La Coalition 1er mai dénonce la complaisance de nos gouvernements face aux multinationales, qui après avoir reçu maintes subventions, délocalisent leur production vers des pays où la main-d’oeuvre est bon marché et plus souvent qu’autrement non-syndiquée. Il est inadmissible que nos gouvernements n’exigent pas de ces entreprises des garanties avant de leur donner autant d’argent public. De plus, lors de ces fermetures sauvages, il n’est pas rare que les travailleuses et travailleurs voient leurs fonds de pension fondre comme neige au soleil quand ces derniers n’ont pas déjà été liquidés par l’employeur. Il s’agit là d’une double perte pour ces employéEs.
Dans un autre ordre d’idées, au-delà de la possible propagande médiatique, n’importe quelle personne peut constater comment sont traités les syndicats d’ici et d’ailleurs depuis quelques années. Tout près d’ici, les travailleuses et travailleurs syndiqués subissent des attaques de toutes parts. Selon Stéphan Béland, du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges (CSQ), « L’accès à la syndicalisation peut parfois être difficile et limité. Pensons seulement au combat épique qu’ont mené les responsables de services de garde en milieu familial pour faire reconnaître leur droit à la syndicalisation. De plus, entendre des personnalités politiques dire qu’elles souhaitent « ouvrir » des conventions collectives pour imposer leurs visions dans certains secteurs du monde du travail fait en sorte qu’on est de plus en plus en droit de se questionner sur le respect des droits des travailleuses et travailleurs syndiqués dans notre société».
Le 1er mai est une occasion privilégiée d’affirmer nos convictions et nos revendications. Il est temps que nos gouvernements tant provincial que fédéral agissent pour améliorer les conditions de travail et de vie de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses.
Les membres de la Coalition du 1er mai
