Le congrès national de l’UPA à Québec en décembre dernier a adopté une résolution disant que « Les producteurs ne permettront pas aux gazières de fractionner le schiste tant que les études d’impact commandées par le BAPE ne démontreront pas hors de tout doute qu’il n’y a aucun risque pour les terres et pour la nappe phréatique. » ( La Terre de chez nous, 13 décembre 2011).
Les propriétaires des terres agricoles sont de plus en plus préoccupés par une éventuelle exploitation des gaz de schiste, une exploitation qui pourrait amener la contamination possible des puits d’eau potable, « menaçant non seulement leur santé mais leur gagne-pain », disaient messieurs Jean-Luc Leclair, président régional de l’UPA Centre-du-Québec, et Pierre Lemieux, vice-président provincial dans une entrevue à la Presse (Forum du 13 octobre 2011).
Il y a effectivement beaucoup d’inquiétudes a propos du développement de cette industrie au Québec, vu la façon dont elle mène ses activités aux États-Unis et les conséquences qui ont été déjà observées là-bas : pollution de l’eau et de l’air, pollution par le bruit, trafic lourd très intense, détérioration des infrastructures, déversements occasionnels de quantités importantes de produits chimiques, fuites de gaz autour des puits, etc.
Des scientifiques réputés d’ici et d’ailleurs redoutent une migration à long terme du méthane vers les nappes d’eau et dans l’atmosphère (un gaz à effet de serre 20 fois plus dommageable que le CO2). Ils sont aussi préoccupés par la disposition des eaux usées contaminées de produits chimiques qu’on injecte à de grandes profondeurs dans le sol, comme c’est pratique courante aux États-Unis, et y voient un risque de migration vers les nappes d’eau.
Les membres des comités de vigilance préviennent que si nous ne bloquons pas collectivement ce méga projet, notre vallée du St-Laurent, notre garde-manger, se transformera, au détriment de l’agriculture, en véritable parc industriel avec les 20,000 puits (un puits par km carré) que l’industrie compte bien y établir dans les prochaines décennies, à raison de 150 à 600 nouveaux puits par année. La vocation première des terres agricoles risque de changer et de prendre un visage industriel, comme en Pennsylvanie.
Alors, une vaste campagne de blocage connue sous l’appellation « Opération vous n’entrerez pas chez-nous » et parrainée par le Regroupement Interrégional sur les Gaz de Schiste de la Vallée du St-Laurent fait actuellement boule de neige à la grandeur de la vallée du St-Laurent. Plus de 20 000 citoyens et producteurs agricoles y ont déjà participé.
Cette opération consiste à faire signer par les entreprises agricoles et propriétaires de lots et de boisés une lettre en trois exemplaires indiquant leurs numéros de lots et cadastre et signifiant aux gazières qu’ils n’acceptent pas que les compagnies de forage viennent s’installer chez-eux. En temps et lieux, une copie sera envoyée aux gazières et municipalités concernées. Une compilation finale sera aussi acheminée, en temps opportun, au comité directeur de l’Évaluation Environnementale Stratégique en cours afin de lui démontrer que l’industrie n’obtiendra jamais l’acceptabilité sociale qu’elle souhaite tant dans ce dossier.
Cette contribution citoyenne ne prend qu’environ 15 minutes mais aidera énormément la cause que défendent, depuis bientôt deux ans, les quelques 90 comités de vigilance qui se sont formés dans la vallée du St-Laurent.
Les comités de vigilance invitent donc les propriétaires de lots en accord avec cette campagne et désireux de poser un geste collectif à contacter leur comité local pour signer cette lettre. Le lien www.regroupementgazdeschiste.com les guidera vers un responsable de leur comité ou celui d’un comité près de chez eux. A défaut de pouvoir rejoindre un bénévole par l’Internet, on peut contacter une personne ressource dans sa MRC respective, voir la liste ci-dessous.
Marc St-Arnault, St-Célestin
Serge Fortier, Coordonnateur général et porte parole, Regroupement interrégional sur les gaz de schiste de la Vallée du St-Laurent (RIGSVSL)
