Il faut d’abord dire que Gentilly-2 est sécuritaire et a été conçue afin de résister aux tremblements de terre envisageables dans la région de Trois-Rivières. À la suite de l’accident de Fukushima, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a promptement réalisé un examen exhaustif des centrales nucléaires au pays. Cet exercice, qui visait notamment à vérifier la résistance des installations nucléaires aux événements externes (séismes, inondations, fortes tempêtes, etc.), a permis de confirmer leur robustesse et l’état de préparation des exploitants aux situations d’urgence.
Par ailleurs, je souhaiterais informer vos lecteurs que la CCSN a mis en place un plan d’action rigoureux pour donner suite aux recommandations du groupe de travail formé pour faire l’examen des centrales. Les mesures, dont plusieurs ont déjà été prises, renforcent encore davantage la sûreté des installations et la capacité à faire face à des incidents très peu probables. Les exploitants canadiens disposeront dorénavant d’équipements hors site afin de garantir l’arrêt des réacteurs en toute sûreté peu importe la gravité de l’accident. Des experts étrangers qui ont récemment visité le Canada ont conclu à la justesse de notre approche, la qualifiant de modèle à suivre.
Enfin, Michel Duguay, l’un des opposants les plus actifs sur cette question, omet de rapporter certains détails cruciaux lorsqu’il cite Greg Rzentkowski, de la CCSN, au sujet de la fonte possible d’un réacteur en cas de séisme très fort. Les mots « de l’ampleur de celui de Fukushima » n’ont pas été cités. Le fait que le réacteur s’arrêterait de façon sécuritaire a également été passé sous silence. Les sismologues au pays sont pourtant formels : un séisme d’une magnitude comparable à celui survenu au Japon en mars dernier est impossible au Québec. De plus, l’utilisation isolée faite par M. Duguay des valeurs d’accélération au sol et de l’échelle de Richter montre un manque de connaissances techniques dans ce domaine.
J’aimerais finalement mentionner que les enjeux soulevés par M. Duguay ont été discutés lors des audiences publiques pour le renouvellement du permis de la centrale au cours de l’année 2011. La CCSN n’aurait pas renouvelé le permis d’Hydro-Québec sans avoir l’assurance que la centrale est sécuritaire.
Ramzi Jammal
Premier vice-président et chef de la réglementation des opérations
Commission canadienne de sûreté nucléaire
