La fumée secondaire menace la santé de 89 000 enfants québécois

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Personne n’oserait remettre en cause la nocivité du tabac et ses effets sur la santé des fumeurs. Toutefois, quand vient le temps de parler de fumée secondaire, bien des gens croient à tort que celle-ci n’est pas vraiment dangereuse et que ses effets sur la santé sont mineurs.

Pourtant, pour les bébés et les enfants, les risques pour leur santé sont nombreux. Pourquoi ? Parce qu’ils respirent plus vite que les adultes et que leur système immunitaire n’est pas encore totalement développé. Asthme, bronchites, rhumes et otites à répétition sont trop souvent le lot des enfants exposés à la fumée secondaire. Quant aux bébés à naître, ils ne sont pas plus à l’abri : la fumée secondaire inhalée par la femme enceinte peut nuire à la croissance du bébé, ce qui peut entre autres se traduire par un poids insuffisant à sa naissance. La femme enceinte court aussi un plus grand risque de fausse couche. Les bébés exposés à la fumée secondaire ont également plus de risques d’être victimes du syndrome de mort subite du nourrisson.

Près d’un enfant québécois sur dix est exposé régulièrement à la fumée secondaire. C’est donc 89 000 enfants qui risquent davantage de souffrir de maladies diverses. Malheureusement, le Québec est la province qui présente le plus d’enfants exposés à cette substance toxique, loin devant les autres provinces du pays. En effet, chez nous, c’est plus du double des enfants âgés de 0 à 11 ans qui sont exposés à cette fumée toxique (9 %), comparativement aux enfants du même âge au Canada (4 %).

Environ 1,5 million de Québécois fument tous les jours, et dans plus d’un foyer sur deux, on permet encore l’usage du tabac. Fumer dans un espace restreint, comme une petite pièce fermée ou une voiture, augmente de façon importante la concentration des produits nocifs contenus dans la fumée secondaire. Rappelons que la fumée secondaire contient 7 300 substances chimiques, dont 60 qui peuvent causer le cancer. Aussi, la fumée secondaire renferme environ 2 fois plus de monoxyde de carbone, 3 fois plus de nicotine, 8 fois plus de formaldéhyde et 240 fois plus d’ammoniac que la fumée directement aspirée par le fumeur.

Plusieurs parents sont conscients des dangers de la fumée secondaire et tentent de protéger leurs enfants en fumant près d’une fenêtre, dans une pièce fermée ou encore sous la hotte. Toutefois, ces gestes s’avèrent inefficaces, car ils ne permettent pas d’éliminer efficacement les substances toxiques contenues dans la fumée secondaire. Cette semaine marque le retour de Famille sans fumée, une initiative annuelle d’ACTI-MENU qui vise à sensibiliser les parents et futurs parents aux dangers de la fumée secondaire pour la santé de leurs enfants.

Dans cette campagne, nous les invitons à fumer dehors; c’est la stratégie la plus simple et la plus efficace pour protéger la santé des enfants des méfaits de ce produit toxique. C’est aussi une décision qui peut éviter bien des inquiétudes aux parents et des souffrances inutiles aux enfants.

Dre Johanne Blais, M.Sc. (F), CCMP, médecin de famille à l’UMF de l’Hôpital Saint-François-d’Assise, à Québec, collaboratrice d’ACTI-MENU

Dr Louis Gagnon, président fondateur d’ACTI-MENU

Dre Catherine Hervouet-Zeiber, pédiatre au CHU Sainte-Justine

Dr Martin Juneau, FRCPC cardiologue, directeur de la prévention, Institut de Cardiologie de Montréal

Dre Christiane Laberge, médecin de famille, collaboratrice d’ACTI-MENU

Dre Roxane Néron, médecin, porte-parole de Famille sans fumée

Organisations: Hôpital Saint-François-d’Assise, Institut de Cardiologie de Montréal

Lieux géographiques: Québec, Canada

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