Zone euro
Depuis le début des vraies turbulences concernant les dettes étatiques dans la zone euro en mai 2010, les décideurs actionnaient les plans d’aide à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande. Maintenant, d’autres pays s’ajoutent à cette liste pour obtenir une aide financière. Parmi eux, l’Espagne et l’Italie, deux mastodontes de la zone euro, qui sont en fait trop gros pour couler, mais aussi trop gros pour être sauvés.
Les mesures de dépannage offertes à la Grèce ne suffisent plus ; c’est la raison pour laquelle d’intenses négociations sont en cours avec les grandes banques européennes pour régler une partie de la dette de la Grèce. En tout, un montant de dévaluation des obligations de la Grèce de 100 milliards d’euros se discute depuis quelques mois. Les financiers mondiaux ont donc compris que la joute devenait très sérieuse et que les résultats étaient attendus en 2012. D’autres dévaluations de dette devraient normalement être discutées en 2012. Sauver financièrement et remettre à un niveau de dette acceptable les 17 pays de la zone euro coûtera environ 3 000 milliards d’euros de nouvel argent, et entre 2 000 et 3 000 milliards d’euros de dévaluation des dettes.
Le plan d’aide voté pour la zone, qui sera effectif à l’été 2012, est de moins de 1 000 milliards d’euros, et la seule dévaluation demandée jusqu’à maintenant est de 100 milliards. La zone euro demeure loin de l’objectif pour une base solide des finances étatiques.
Le Canada
Nous ne devons pas nous alarmer quant à l’économie canadienne. Avec des solides bases économiques, autant en ce qui concerne les ressources naturelles que la diversité de ses industries, le Canada est en mesure de prétendre mieux résister que plusieurs pays industrialisés suite au déclin de l’économie mondiale. Par conséquent, deux secteurs demeurent à surveiller.
L’immobilier, qui connaît encore des heures de gloire, et les fonds de pension. Ces deux secteurs commenceront à peser lourd sur la capacité économique canadienne pas plus tard qu’en 2013.
L’élection aux États-Unis
Sans doute l’une des élections les plus passionnantes des 30 dernières années, puisque les enjeux y sont à la fois multiples et décisionnels. Pour gagner, le président Obama devra mettre en place des mesures pour relancer l’emploi de manière durable. Autre point : juste avant la fin de l’année 2011, le Congrès américain a autorisé un emprunt d’une somme de 1 000 milliards additionnels pour financer les opérations du gouvernement. Au rythme que dépense l’administration Obama, les finances seront à nouveau à sec à la fin de septembre 2012. Une bataille pour l’obtention d’une nouvelle hausse du plafond de la dette sera un enjeu majeur.
Les marchés boursiers
Puisque certains évènements à venir en 2012 ressemblent à ceux de 2011, crise de dette européenne et renégociation du plafond de la dette américaine, les marchés boursiers pourraient en principe ressembler à 2011. En principe, oui, avec une grande volatilité des cours boursiers entre les bons moments et les déceptions des négociations avec un pays européen, par exemple.
Aussi, la FED lancera probablement un QE3, détente monétaire numéro 3, et pourrait amener les cours de la bourse vers des sommets momentannément. Je prévois donc, dans l’ensemble, une autre année ordinaire en bourse. La confiance pour un vrai décollage demeure fragile puisque pour justifier une montée boursière sur plusieurs mois voire quelques années, une éclaircie économique prévisible doit s’installer. Ce qui ne sera pas encore pour 2012.
Le prochain Observateur financier de la fin de janvier 2012 se consacrera entièrement aux investissements boursiers et obligataires. Pour vous abonner gratuitement : http://www.votreargent.ca/infolettre/
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