LE COURRIER SUD (C.S.) – Si le Parti québécois prend le pouvoir, qu’adviendrait-il du prolongement de l’autoroute 30 entre Bécancour et Nicolet?
PAULINE MAROIS (P.M.) – Nous, on pense que la priorité, c’est le doublement de l’autoroute 55 parce que ce sont des questions de sécurité qui sont en cause. Mais, cependant, un pourra regarder pour la 30 si c’est faisable et quels sont les coûts.
(C.S.) – Justement, vous nous parlez de la 55. Les citoyens veulent savoir quand les travaux vont se faire.
(P.M.) – Ça dépend toujours des plans et devis. Tant qu’on ne sera pas au gouvernement, on ne pourra pas dire quand les travaux vont se faire.
(C.S.) – Et si vous l’étiez?
(P.M.) – Si nous l’étions, on va regarder les plans et devis pour savoir où ils en sont. Si les plans sont prêts, à ce moment-là, on pourra accélérer le processus. Sinon, il faudra faire ces plans-là en s’assurant qu’ils ne nuisent pas à l’environnement Ça prend un certain temps, mais, à l’intérieur d’un mandat, je crois qu’on pourrait au moins envisager engager les travaux.
(C.S.) – Un autre projet en suspend dans la région est celui du prolongement du gazoduc entre Bécancour et Saint-Léonard-d’Aston. Quelle est votre position sur ce dossier?
(P.M.) – On sait que c’est très intéressant pour les entreprises d’avoir accès au gaz naturel. C’est une source d’énergie qui est plus propre que le pétrole, alors c’est sûr que c’est un projet qui, à première vue, me semble intéressant. Maintenant, il faudrait voir où en sont les travaux.
(C.S.) – Comme on parle de ressources naturelles, je vous amène sur le dossier des gaz de schistes. Certains citoyens sont inquiets et veulent un moratoire, alors que d’autres veulent aller de l’avant avec ce projet. Êtes-vous toujours contre l’exploitation?
(P.M.) – Notre position est très claire : c’est un moratoire complet et absolu. Ce que nous voulons faire, c’est de faire toutes les études environnementales nécessaires et utiles parce que, jusqu’à maintenant, on n’a pas de preuves que ça puisse être sécuritaire. Et si les risques continuent d’être grands, il peut rester dans le sol, le gaz. Surtout au prix où est le gaz actuellement.
(C.S.) – L’avenir de la centrale nucléaire Gentilly-2 préoccupe beaucoup les citoyens du comté. Ils attendent des réponses depuis 2008. Qu’adviendra-t-il de cette usine?
(P.M.) – Moi, je peux vous dire que le Parti libéral est en train de leurrer la population. Ils laissent croire qu’ils vont la rénover. À mon avis, les libéraux ne veulent pas le dire, mais ils ne le feront pas.
(C.S.) – Et les péquistes, eux?
(P.M.) – Elle ne le fera pas. Nous, c’est clair. On pense qu’on n’a pas besoin du nucléaire. C’est pas nécessaire d’exploiter le nucléaire, on a d’autres formes d’énergie.
(C.S.) – Et en ce qui concerne les emplois, avez-vous une alternative?
(P.M.) – On s’entend que le déclassement de Gentilly-2 prendra un certain temps, donc il continuera d’y avoir des emplois. Et si on est élu, immédiatement, on rendra disponible un fonds de diversification pour l’économie de la région. Je crois qu’il y a matière à faire quelque chose d’intéressant dans la région pour le développement d’entreprises qui utilisent des technologies vertes.
(C.S.) – Par rapport à la campagne dans Nicolet-Bécancour, la lutte s’annonce plutôt serrée…
(P.M.) – Vous savez, le Parti québécois a réellement des chances de former le prochain gouvernement. Il me semble que si on ne veut plus de Jean Charest, on ne vote pas pour un tiers parti, mais on vote pour un parti qui peut réellement changer les choses. Le Parti québécois est, à mon point de vue actuellement, le seul parti qui est vraiment crédible dans cette perspective-là.
(C.S.) – En terminant, quelle est votre opinion sur le fait que le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, soit exclu des débats?
(P.M.) – Les partis qui vont participer aux débats des chefs sont les partis reconnus à l’Assemblée nationale, ce qui n’est pas le cas d’Option nationale.
(C.S.) – Pourtant, eux disent qu’ils sont reconnus à l’Assemblée nationale et qu’ils devraient faire partie des débats.
(P.M.) – En bien, quant à nous, si Jean-Martin veut venir, on va recevoir le Parti vert aussi. Et là, ça devient impossible. Remarquez bien que ce n’est pas nous qui décidons non plus.

