LE COURRIER SUD (C.S.) - Plus tôt cette semaine, alors qu'il rencontrait Le Courrier Sud dans son autobus de campagne, Jean Charest a affirmé que les développements à venir dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour pourraient jouer en faveur du projet de prolongement de l'autoroute 30, entre Bécancour et Nicolet. Quelle est votre position sur le sujet?
FRANÇOIS LEGAULT (F.L.) - Sous le gouvernement Charest, depuis neuf ans, le parc industriel ne s’est pas développé. Mais grâce aux mesures que nous voulons mettre en place (ndlr: pour favoriser les investissements et la création d’emploi), il va se développer. Il y a donc peut-être plus de chances qu’on voit arriver la 30 avec nous qu'avec un gouvernement Charest!
(C.S.) - La question de la sécurité de l'autoroute 55 fait également partie des préoccupations de la population du comté...
(F.L.) - La sécurité, ça passe avant tout. C'est d'ailleurs le critère qu’on va privilégier dans les infrastructures. Le fait qu’il y ait eu encore trois morts récemment fera sûrement en sorte que le dossier se retrouvera sur le dessus de la pile.
(C.S.) - Dans ce contexte, peut-on s'attendre à ce que, par exemple, le doublement de cette autoroute jusqu'à la 20 soit annoncé sous un règne caquiste?
(F.L.) - Je vais être prudent avant de m’engager sur les infrastructures, car je ne veux pas être irréaliste (...). Je ne veux pas non plus commencer à jouer au père Noël avec des annonces d'infrastructures. Il va falloir les prioriser et les budgeter. Actuellement, on a une grosse dette au Québec. Et M. Charest a augmenté cette dette du tiers... entre autres à cause des infrastructures!
(C.S.) - Un autre dossier chaud chez nous est la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2. Quelle est votre position sur le sujet?
(F.L.) - On est très sensible au fait qu’il y ait 800 emplois en jeu. On voit donc la réfection d'un oeil favorable. Par contre, on veut qu'elle se fasse d’une façon qui respecte l’environnement et la sécurité des citoyens. Et pour l’instant, on n’a pas toutes les informations (à ce sujet).
(C.S.) - Notre Chambre de commerce souhaite que se concrétise le prolongement d'un gazoduc entre Bécancour et Saint-Léonard-d'Aston. Quelle est votre vision de ce projet?
(F.L.) - Je suis ouvert à un tel projet. Il faut avoir des moyens d'amener le gaz naturel et d'être plus autonome dans sa distribution.
(C.S.) - Et quelle est votre position en ce qui concerne l'exploitation des gaz de schiste?
(F.L.) - Pour nous, il est clair qu’il n’y aura pas d’exploitation du gaz de schiste tant qu’on n'aura pas découvert des technologies nous permettant de l’exploiter en respectant la nappe phréatique. Or, actuellement, ces technologies n'existent pas. Par contre, si dans 5 ou 10 ans, la situation change, alors oui, on l'exploitera. Mais pour l’instant, ce n'est pas le cas, alors on n'y touche pas.
(C.S.) - En terminant, vous savez que l'actuelle campagne électorale a une couleur particulière chez nous, avec la candidature de Jean-Martin Aussant, chef d'Option nationale...
(F.L.) - Monsieur Aussant milite pour que la souveraineté se fasse encore plus rapidement que ce que souhaite le Parti Québécois. Or, je pense que la souveraineté n’est pas la priorité des Québécois. Dans ce contexte, je ne m’attends pas à ce qu’il ait beaucoup de support, même dans son comté.
(C.S.) - M. Aussant n'a pas été invité aux débats des chefs et s'en est offusqué. Auriez-vous souhaité sa présence?
(F.L.) - Vous savez, il faut toujours regarder les formules. Moi, je suis pour que les gens s’expriment. Mais déjà, on sera quatre, alors si l'on veut avoir le temps de vraiment débattre, ça devient difficile.

