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Charest se prononce sur les enjeux de la région

Le premier ministre Jean Charest Photo, Martin Sylvestre

Le premier ministre Jean Charest

Marie-Ève Veillette
Publié le 10 Août 2012
Publié le 10 Août 2012
Marie-Ève Veillette  RSS Feed

Le Courrier Sud a obtenu un entretien d’une vingtaine de minutes en tête-à-tête avec le premier ministre Jean Charest lors de son passage à Saint-Léonard-d’Aston, le 8 août dernier. À cette occasion, le chef du Parti libéral du Québec a été invité à se prononcer sur certains dossiers chauds en cours dans la région. Voici le compte-rendu de cet entretien.

Sujets :
Chambre , Gaz Métro , Régie de l’Énergie , Bécancour , Nicolet-Bécancour , Nicolet

LE COURRIER SUD (C.S.) – Advenant un prochain mandat libéral, qu’adviendra-t-il du prolongement de l’autoroute 30 entre Bécancour et Nicolet?

JEAN CHAREST (J.C.) – À mon avis, c’est un dossier qui va lever. Avec les investissements qui s’en viennent, notamment ceux de Rio Tinto Fer et Titane à Bécancour, ce dossier mérite un second regard. Cinq kilomètres, c’est de l’argent, mais c’est faisable. Avant la fin du prochain mandat, je pense qu'on va pouvoir commencer à travailler là-dessus, c’est-à-dire amorcer les premières étapes du projet.

 

(C.S.) – Un autre dossier majeur en matière de travaux routiers concerne le doublement de l’autoroute 55 jusqu’à la 20. Incluez-vous ce projet dans vos priorités maintenant que la construction de l’échangeur à Bécancour, secteur Saint-Grégoire, est amorcée?

(J.C.) – On suit de près la question. On est très conscient des enjeux de sécurité sur cette route. L’un de ces enjeux est la circulation des camions lourds. C’est un dossier sur lequel on va travailler. Par contre, je ne peux pas vous donner d’engagement.

 

(C.S.) – Plus tôt cet été, la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec a fait savoir qu'elle souhaitait relancer le projet du prolongement du gazoduc à partir du parc industriel 30-55, à Bécancour, jusqu’à Saint-Léonard-d’Aston. Que pouvez-vous faire dans ce dossier?

(J.C.) – Nous voulons, pour le Québec, une variété dans le menu énergétique afin d'avoir la meilleure source d'énergie au meilleur endroit. Le gaz naturel produit beaucoup moins de gaz à effet de serre que le mazout, et c'est une source d'énergie souvent plus efficace du côté industriel que l'électricité. Dans ce cas-ci, Gaz Métro va déposer son projet. Ensuite, la Régie de l’Énergie va statuer. Ce qui nous concernera, ce sont les études environnementales et tout le travail qui doit être fait pour autoriser le passage du gazoduc sur les territoires.

 

(C.S.) – Puisque nous parlons d'énergie, abordons le sujet des gaz de schiste, qui est une grande préoccupation dans Nicolet-Bécancour. Prévoyez-vous qu'il y aura de l'extraction sur le territoire?

(J.C.) – Il y a une évaluation environnementale stratégique en cours. Elle va déterminer si c’est possible d’en faire l’extraction en assurant la sécurité des gens, en préservant leur santé et en protégeant l’environnement. Si ce n’est pas le cas, il n’y en aura pas.

 

(C.S.) – Quand aurez-vous en main les résultats de cette étude?

(J.C.) – Sous toutes réserves, on devrait les avoir dans un an et demi. Le processus ne se fera pas sur le coin d'une table; l'étude sera complète.

 

(C.S.) – Une autre source d'énergie controversée se trouve sur le territoire, soit le nucléaire. La région est en attente d'une décision finale concernant l'avenir de la centrale Gentilly-2. Les gens sont impatients de savoir quand elle sera annoncée...

(J.C.) – En 2008, on a pris la décision de la rénover. On a une seule centrale nucléaire, et elle nous donne une fenêtre sur l’industrie. C'est une expertise que nous voulons préserver. Mais depuis 2008, il y a eu (ndlr : l'incident de) Fukushima et (ndlr : les dépassements de coûts et de délais de) Point Lepreau. Tout ça va être réévalué (ndlr : en fonction du) rapport de la commission de sûreté nucléaire.

Par ailleurs, il a toujours été entendu que la réfection de Point Lepreau allait passer en premier et que nous allions en tirer des enseignements. Nous voulons retirer le maximum de leur expérience pour que ça nous coûte moins cher et pour éviter les délais qu’ils ont eus.

 

(C.S.) – Le ministre Clément Gignac a avancé que la décision serait rendue d'ici la fin de l'année. Est-ce exact?

(J.C.) – Je ne me sens pas assez expert dans le domaine pour vous donner des dates. Tout doit être réévalué. Il faut prendre le temps de bien faire les choses, et on n'a pas le contrôle sur tout. Par contre, on veut que ce soit le plus rapidement possible.

 

(C.S.) – Le candidat péquiste de Nicolet-Bécancour, Gilles Mayrand, est concaincu que votre gouvernement cache le fait qu’il déjà pris la décision de déclasser la centrale et vous accuse de ne pas avoir le courage d’en informer la population. Comment réagissez-vous à ces propos?

(J.C.) – C'est totalement faux que l’on cache quoi que ce soit! Notre position est claire. Voter pour nous, c'est se donner le plus de chances possible que le projet se fasse.

 

(C.S.) – Enfin, une lutte intéressante s'annonce dans le comté de Nicolet-Bécancour, notamment avec la présence du chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, parmi les candidats. Comment entrevoyez-vous la situation?

(J.C.) – Ça va faire une campagne différente, c'est certain. Mais la voix de M. Aussant s'ajoute aux autres voix souverainistes. Il est chef d’un parti dont la mission est de tenir un référendum sur la souveraineté. La priorité de Marc (ndlr : Descôteaux, candidat libéral) est différente. Il mise sur l'emploi et l'économie. C’est davantage ce que recherche la population de Nicolet-Bécancour. Je rappelle que les scores ont été serrés à plusieurs reprises au cours des dernières élections. Je ne tiens rien pour acquis, mais je suis confiant pour Marc.

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