Plus précisément, cette étude visait à connaître la consommation de gaz naturel potentielle des entreprises situées sur le tracé du prolongement proposé par Gaz Métro en 2002. Un prolongement qui n’a jamais été réalisé pour toutes sortes de raisons, notamment des questions de politique et de logistique.
Mais depuis 10 ans, plusieurs choses ont changé. Il devenait donc primordial pour les acteurs économiques de la région de réactualiser les données et de relancer le dossier.
Ils souhaitaient entre autres valider certains points en matière de développement économique, de consolidation et de création d’emplois, et même en matière environnementale (diminution des gaz de serre envisagée).
Le portrait brossé par les experts de SNC Lavalin les a satisfaits. Ils sont maintenant prêts à déposer le document à Gaz Métro, dans l’espoir que la compagnie lance une étude de faisabilité, puis une étude de coûts.
«Le document présenté est très complet, souligne le président de la CCICQ, Jean-Denis Girard. Il va jusqu’à compiler le nombre de rivières, de ponceaux et de routes que croiserait la nouvelle ligne, ainsi que leurs propriétaires. On y retrouve aussi le nombre d’entreprises qui seraient potentiellement desservies par le réseau, de même que leur consommation de gaz projetée.»
L’état de la situationÀ ce chapitre, il a été établi que 160 entreprises se retrouvaient sur le tracé. De ce nombre, une trentaine, situées dans le Parc industriel et commercial 30/55, sont déjà desservies par le gaz naturel. «Sur les 130 restantes, près de la moitié seraient prêtes demain matin à transformer leur utilisation d’électricité ou d’huile par le gaz naturel, beaucoup moins dispendieux», a révélé Jean-Denis Girard. Celui-ci estime que les autres entreprises leur emboîteront facilement le pas lorsque le service passera devant leur porte, étant donné la baisse actuelle du prix du gaz naturel à la consommation. «Lorsqu’il s’agit d’une économie significative, les propriétaires d’entreprises ont toujours une oreille très attentive.» Le volume de gaz naturel que ces entreprises pourraient consommer s’élèverait à près de 1,5 million de mètres cubes. C’est sans compter le volume qu’apportera, à plus long terme, le développement commercial, industriel et résidentiel suivant les travaux de construction de l’échangeur sur l’autoroute 55, dans le secteur Saint-Grégoire.
EssentielSelon les divers intervenants impliqués dans le dossier, le prolongement du réseau est devenu une nécessité, ne serait-ce que pour consolider plusieurs centaines d’emplois. «L’indisponibilité du gaz naturel pour le tronçon Bécancour/Saint-Célestin/Saint-Léonard-d’Aston nuit au développement des entreprises et à la compétitivité du territoire. Le temps est venu pour l’industrie du gaz naturel et le gouvernement de doter la région d’une infrastructure de cette importance», prétend le président du CLD et préfet de la MRC de Nicolet-Yamaska, Alain Drouin. Les intervenants économiques estiment qu’il faudra encore quelques mois avant qu’un projet concret voit le jour. Ils talonneront Gaz Métro et les différents ministères potentiellement concernés jusqu’à sa réalisation. «Il est temps de prendre le taureau par les cornes. On veut que ça se réalise dans des délais assez brefs», martèle le maire de Saint-Léonard-d’Aston, Luc Balleux. «En 2002, un rapport de Gaz Métro révélait que le projet était réalisable à court terme. Il était même classé deuxième en importance. Mais aujourd’hui, ce sont des projets moins prioritaires qui sont en train de se réaliser. Il faut mettre de la pression. Ça prend aussi une intervention politique», indique René Bérubé, un promoteur de St-Léonard-d’Aston. La mise en place du prolongement était évaluée à 4 M$ en 2002. Elle coûterait probablement le double aujourd’hui, selon les intervenants.

