Le regroupement, dont un agriculteur de St-Pierre-les-Becquets fait partie, Philippe Gingras des Jardins Marie-Victorin, se nomme la «Coalition Agriculteurs unis contre les gaz de schiste».
«Le pouvoir de se nourrir est perdu si on est privés de l’usage d’une partie de nos terres par les compagnies gazières; si l’eau devient impropre à la consommation; si l'eau est manquante pour irriguer nos cultures et abreuver les animaux; si nos sols sont pollués et compactés; si la qualité de nos produits est compromise; si ceux qui sont censés veiller à nos intérêts ne prennent pas au sérieux les risques posés par l’industrie gazière en milieu agricole», dit la coalition dans un communiqué de presse. «On veut garder au Québec le pouvoir de se nourrir en cultivant nos terres. On ne veut rien savoir de l’argent des gazières, celui-ci ne pourra jamais effacer l’affront fait à l’agriculture.»
D'ailleurs, ces derniers ont profité du Congrès de l’UPA pour dénoncer le manque flagrant de vision agricole de l’organisation syndicale dans son maigre mémoire, livré au BAPE sur les gaz de schiste. «Les mots: richesse, bénéfices économiques, compensations adéquates, entente cadre, indemnisations, y sont évoqués plus souvent qu’autrement. Les agriculteurs sont devenus, dans ce mémoire, des propriétaires fonciers destinés […à être indemnisés pour les inconvénients subis.]», croit-elle.
«Le devoir de protéger le territoire et les activités agricoles, l’eau, le sol, notre qualité de vie face à l’invasion incontrôlée et imprévisible de l’industrie gazière sur les meilleures terres agricoles du Québec, est relégué au second plan par l’UPA, aujourd’hui, pourquoi ?», se questionne-t-elle.
«Pire, l’UPA s’affaire présentement à conclure un pacte avec l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). Cette proximité entre l’UPA et les vendeurs de gaz est inacceptable alors qu’on ne dispose au Québec d’aucune étude d’impact indépendante sur les conséquences environnementales, agricoles et sociales, de l’industrie des gaz de schiste chez-nous», dénonce la coalition.
Finalement, le regroupement contre les gaz de schistes se question sur l'expertise que possède l’UPA « pour jouer allègrement notre gagne-pain auprès des gazières en échange de compensations.»
