En effet, dimanche dernier, Nathalie Normandeau, ministre de l'Environnement, annonçait que le BAPE se pencherait sur l'industrie du gaz de schiste en mandatant un groupe d'experts scientifiques et en analysant les préoccupations des citoyens. Le BAPE tiendra également des consultations publiques dans Chaudière-Appalaches, au Centre-du-Québec et en Montérégie pour ensuite proposer un cadre de développement permettant une cohabitation harmonieuse entre l'industrie gazière, les citoyens concernés, l'environnement et les autres secteurs d'activité présents sur le territoire.
L'industrie s'en mêleOr, avant que cette annonce ne soit faite par la ministre, l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) avait déjà pris la décision d'entamer une campagne de communication destinée à la population. Ainsi, lundi dernier, l'APGQ a annoncé que le 14 septembre à Bécancour, le 21 septembre à St-Édouard-de-Lotbinière et le 28 septembre à St-Hyacinthe auront lieu des séances d'information où l'association «répondra à absolument toutes les questions», a souligné André Caillé, président de l'APGQ.
«Nous irons au-devant des gens pour fournir des explications sur ce en quoi consiste l'exploration gazière et ce en quoi consistera ultérieurement son exploitation. Nous expliquerons notamment comment nous comptons gérer les risques de contamination des eaux souterraines et de surface, et ceci, en toute humilité et surtout, en toute transparence. Mais nous allons aussi écouter les préoccupations des gens concernant la poussière, le bruit ainsi que les allers et venues des travailleurs», a expliqué M. Caillé.
Audience du BAPE: pas la solution privilégiéeMême si ce dernier affirme que son organisation collaborera à 100% avec les travaux du BAPE, il précise toutefois que ce n'est pas la façon de faire qu'il aurait privilégié. «Cependant, à partir du moment où le gouvernement a pris cette décision, nous profiterons de cette occasion pour faire valoir notre vision et nos arguments», a-t-il précisé. Questionné à savoir quelle aurait été la façon idéale de procéder, Caillé s'est seulement contenté de dire que tout cela faisait maintenant partie du passé.
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Du point de vue du maire de Bécancour, cette tempête d'informations provenant d'une part des audiences du BAPE et d'autre part de l'APGQ est une très bonne chose. Maurice Richard indique qu'il en résultera une loi des plus modernes en matière d'exploitation des richesses naturelles. De plus, à son avis, cela permettra aux citoyens d'être au cœur du débat. «Et lorsqu'on s’adresse directement aux citoyens, on ne se trompe pas, on va au cœur de leurs préoccupations», a-t-il assuré.
L'exploitation à nos portesPourquoi avoir choisi Bécancour pour y tenir une séance d'information de la part de l'industrie? «Dans ma tête, c'est à Bécancour que le développement gazier commence», a affirmé le président de l'Association pétrolière et gazière. Selon lui, au Québec, d'ici 2015 – année où l'exploitation devrait se concrétiser –, une cinquantaine de plateformes fonctionneront en rotation. Sur chaque site, six à huit puits pourront servir à l'extraction du gaz de schiste. On estime à 7500 le nombre d'emplois qui seront créés annuellement pendant les 15 prochaines années grâce au développement de cette industrie.

