En ce sens, la Financière agricole réfute les affirmations émises par l'UPA voulant qu'elle «engrangera» au cours des 5 prochaines années de 400 à 500 millions de dollars en surplus. « Il importe de souligner que l'UPA, dans ses prévisions de calcul, ne tient pas compte de tous les paramètres financiers, notamment le coût des intérêts du déficit du Fonds ASRA. De plus, certains chiffres utilisés, dont les valeurs assurées et les prévisions de prix, ne sont pas réalistes. En conséquence, les montants identifiés par l'UPA sont nettement exagérés», affirme la Financière. « Malgré ce que laisse entendre l'UPA, ces mesures ne visent aucunement à déstructurer l'agriculture québécoise et il est de la responsabilité de La Financière agricole, en tant qu'assureur, d'agir avec prudence, réalisme et rigueur afin d'assurer la pérennité de ce programme unique au Canada qu'est l'ASRA».
On se rappelle qu'à compter du 1er avril 2010, le gouvernement accordera à La Financière agricole une enveloppe budgétaire annuelle de 630 millions de dollars pour les cinq prochaines années. «Afin de respecter le cadre financier établi et assurer la pérennité du programme ASRA, des mesures de redressement ont été identifiées et doivent être mises en application par La Financière agricole», soutiennent-ils.
Les mesures et modalités adoptéesAinsi, différentes mesures ont été adoptées tel le plafonnement des volumes assurés pour tous les secteurs de production. « Ce qui, pour 2010-2011, ne représente aucun impact financier pour les entreprises agricoles, contrairement à ce que laisse entendre l'Union des producteurs agricoles (UPA)», selon la Financière.
De plus, l'année d'assurance 2010-2011 fixera à 759 millions de dollars les compensations pouvant être versées par La Financière agricole, la modulation du partage de la prime d'assurance passera à 50 % pour chacune des unités assurables qui excèderont trois fois la taille de la ferme type. « Ce qui n'affecte pas la ferme familiale», soutient la financière.
Aussi, il y aura l'établissement des volumes assurés dans le secteur porcin sur la base des porcs nés et engraissés au Québec, le déficit accumulé du Fonds ASRA, qui à la fin de l'année financière 2009-2010 s'élève à 750 millions de dollars, sera amorti sur une période de quinze ans.
Dorénavant, les revenus stabilisés seront calculés sur la moyenne des entreprises faisant partie de la tranche des 75 % les plus efficaces. « Ce qui représente un impact de 3 % sur le revenu stabilisé», note-t-elle. Un plafond individuel temporaire des volumes assurés de production pour les secteurs porc et pommes de terre, tel que demandé par les fédérations spécialisées concernées, sera aussi mis en place.
Finalement, la Financière explique que des modalités particulières seront adoptées, notamment pour soutenir la relève agricole, les membres de coopératives de financement de bovins et les éleveurs de porcs à contrat œuvrant pour de grandes entreprises porcines.