Regroupements volontaires de producteurs agricoles, les clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) favorisent les pratiques qui tiennent compte de l’environnement en offrant un soutien personnalisé aux fermes. «Les clubs-conseils en agroenvironnement accompagnent les fermes, de production animale et végétale, dans leurs démarches afin de favoriser le développement durable des exploitations agricoles en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement», explique Audrey Larouche, de l’équipe de coordination des CCAE. À travers le Québec, on compte 81 clubs, dont deux en Mauricie et sept au Centre-du-Québec. En Mauricie, les groupes Lavi-Eau-Champ et Envir-Eau-Sol regroupent plus de 200 producteurs membres. Dans chacun des secteurs, une équipe formée d’agronomes et de conseillers se charge d’apporter soutien, conseils et solutions à tous les membres. Et ce, toujours dans une démarche soucieuse de l’environnement. «Nous ne sommes liés à aucun produit. Nous ne faisons jamais la promotion d’un produit en particulier, c’est vraiment au choix et au besoin du producteur. Ainsi, nous agissons vraiment pour le mieux pour l’environnement et le producteur à la fois», précise Audrey Larouche.
En Mauricie, on retient quatre actions principales menées avec succès depuis environ deux ans: le travail réduit du sol, la rotation des cultures, la réduction de l’utilisation des pesticides ainsi que la transition vers une agriculture biologique. «C’est un bel accomplissement. Cela signifie que les producteurs de la région font un effort pour protéger l’environnement en faisant des plans d’accompagnement, etc.», note Mme Larouche, ajoutant que 50% des producteurs agricoles membres d’un CCAE de la Mauricie sont en travail réduit du sol.
Des producteurs mauriciens sensibilisés«Nous offrons du soutien interne aux producteurs membres. Nous encadrons tout le côté légal, en plus d’offrir nos services sur la fertilisation, le drainage des champs, la rotation des cultures, l’utilisation optimale des fumiers, les actions pour protéger les cours d’eau, etc.», explique Jean-Pierre Hivon, conseiller agronome pour le groupe Envir-Eau-Sol, situé à Yamachiche.
Par exemple, dans la MRC de Maskinongé, le club et les agriculteurs ont développé entre autres la culture du haricot sec, des céréales, du blé, de l’orge de brasserie, et de plusieurs nouvelles techniques. «Nous avons également un aspect collectif. Nous faisons beaucoup d’essais au champ. Nous testons et perfectionnons différentes techniques à plus petite échelle, et une fois au point, nous en informons tous les membres», ajoute M. Hivon.
Le groupe Envir-Eau-Sol compte d’ailleurs une quinzaine de membres ayant fait une transition vers l’agriculture biologique. «Nous nous déplaçons directement sur les fermes. Nous offrons plusieurs services, tout dépendant des besoins du producteur. Nous participons à la planification, à la conformité de l’entreprise, au respect de l’environnement, aux suivis au champ, etc.», mentionne pour sa part Éliane Martel, conseillère agronome pour le groupe Lavi-Eau-Champ, à Saint-Narcisse.
Les CCAE sont également en mesure de répondre aux différentes questions des producteurs et leur donner l’information qu’ils ont besoin sur les subventions, les programmes divers du ministère de la Culture, etc. «En étant beaucoup sur les fermes, cela nous donne un aspect particulier. Notre but est toujours d’amener le producteur à s’améliorer au niveau de l’environnement. Nous avons un bon lien de confiance avec lui et en étant présent, cela est une porte d’entrée pour nous pour parler d’agroenvironnement», ajoute Mme Martel.
Dans les deux clubs-conseils de la Mauricie, plusieurs projets sont mis sur pieds afin de respecter la biodiversité, par exemple par l’installation de bandes riveraines le long des cours d’eau, protégeant ainsi contre l’érosion et contre la pollution provenant des milieux agricoles.