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Budget fédéral : le secteur agricole québécois reste sur son appétit



Publié le 10 Mars 2010
Publié le 10 Mars 2010

«C’est à l’usage qu’on verra si les 25 millions annoncés dans le budget Flaherty pour soutenir les abattoirs de bovins de plus de 30 mois permettront concrètement à Levinoff-Colbex, seul abattoir du genre dans l’est du Canada, de redresser la situation financière précaire dans laquelle l’ont plongé les exigences de la réglementation fédérale sur les matières à risque spécifiées (MRS)».

Sujets :
Union des producteurs agricoles , Agri-flexibilité , MAPAQ , Québec

C’est ainsi que le premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Pierre Lemieux, a accueilli le budget fédéral. «À première vue, a-t-il précisé, la nouvelle semble excellente pour les producteurs de bovins québécois, qui ont investi 36 M$ dans l’abattoir à ce jour. Ils se réjouiront vraiment cependant quand ils verront la couleur de l’argent et davantage si la mesure, prévue pour la seule année 2010-2011, s’étendait au-delà, jusqu’à ce que soit corrigé en fait le problème attribuable à la réglementation.

L’UPA estime également que c’est à l’usage qu’on verra si le nouveau budget a des vertus bénéfiques pour le secteur agricole. Dans la foulée des consultations prébudgétaires du ministre Flaherty, l’UPA avait effectivement adressé à ce dernier des demandes bien spécifiques auxquelles le budget fédéral ne donne pas de suites pour l’instant, laissant le secteur agricole québécois sur son appétit.

C’est notamment le cas en ce qui concerne la création d’un régime enregistré d’épargne et d’investissement sylvicole à l’intention des 425 000 propriétaires de boisés canadiens. Rien n’est indiqué dans le budget en ce domaine. «Le secteur de l’automobile a reçu de l’aide, le secteur pétrolier aussi, mais les centaines de milliers de producteurs forestiers durement éprouvés par plusieurs années de crise sont toujours en reste», de déplorer M. Lemieux, qui trouve la situation d’autant plus décevante qu’une telle mesure fiscale n’est pas de nature à grever lourdement le budget de l’État.

L’UPA reste également sur son appétit quant aux suites d’une demande de financement qu’elle a adressée avec le MAPAQ auprès d’Agriculture et Agroalimentaire Canada pour aller de l’avant, au Québec, avec la réalisation de plans de développement dans différents secteurs de production agricole. «La mise en oeuvre de ces plans est capitale pour s’adapter aux changements introduits par la réforme provinciale des programmes de sécurité du revenu. On aurait aimé que le ministre Flaherty profite de son budget pour envoyer un signal favorable à cet égard«, d’indiquer le premier vice-président de l’UPA. .L’UPA se dit d’autre part fort inquiète des intentions du ministre des Finances fédéral s’agissant de comprimer 1,3 milliard $ dans les dépenses de programmes en vue de retrouver l’équilibre budgétaire d’ici 5 ans. Il serait malheureux que le secteur agricole écope encore, prévient l’Union, qui tient à rappeler la nature structurante — et démontrée — des investissements agricoles, particulièrement pour l’économie des régions, «un argument qui devrait éveiller la sensibilité d’un gouvernement qui a une très large base régionale», estime M. Lemieux.

L’enveloppe actuelle de 500 M$ sur cinq ans allouée au fonds fédéral Agri-flexibilité, a-t-il remémoré au gouvernement, ne couvre en fait que le dixième des besoins exprimés par les producteurs agricoles du pays. On est donc très loin du compte, poursuit-il, car les besoins réels sont estimés à un milliard par année en agriculture. S’il fallait couper encore dans ces conditions, ce serait tout simplement catastrophique!

Il s’explique particulièrement mal, par exemple, que le gouvernement ne vienne pas davantage en aide, notamment, au secteur des viandes, frappé de front par le marasme. Le gouvernement avait pourtant l’occasion d’utiliser Agri-flexibilité, en matière de gestion des risques et en y allouant les fonds nécessaires, au lieu d’intervenir au cas par cas au moyen de programme ad hoc.

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