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Des producteurs laitiers de la région donnent espoir à leurs homologues européens



producteurs laitiers

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Marylène Le Houillier
Publié le 9 Mars 2010
Publié le 8 Mars 2010
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Jean Rousseau, de la Ferme Rethaise de Nicolet, et Michel Lemire, de la ferme Nic et Pic de St-Zéphirin-de-Courval, ont sillonné la France et l'Allemagne au mois de janvier dernier afin de donner des conférences sur le système de la gestion de l'offre laitière au Québec.

Sujets :
Association des Producteurs de Lait Indépendant , Union européenne , APLI C' , Québec , Vire , France

D'entrée de jeu, Jean Rousseau explique que depuis quelques années, ces producteurs sont aux prises avec une crise laitière qui fait des ravages: délaissement de la profession, dépression, suicide. Le problème? Le coût dérisoire auquel ils doivent vendre le lait dans une Union européenne comprenant des pays aux frontières grandes ouvertes, et ce, au cœur d'un système déréglementé.

 

Au total, à eux deux, ils ont donné 20 conférences devant des centaines de producteurs laitiers en quête de réponses et de solutions à la débâcle majeure dans laquelle ils sont plongés. Même que certaines assistances étaient composées de plus de 1000 d'entre eux, dont celle dans la ville de Vire, où quelque 1500 producteurs étaient pendus à leurs lèvres.

Une invitation de l'APLI

C'est pour trouver une issue à la crise que l'Association des Producteurs de Lait Indépendant (APLI), une formation non syndicale, a vu le jour en France. Afin de créer une concertation et une synthèse de la situation qui permettront aux producteurs de trouver des moyens de mobilisation et d'action massive, légale et synchronisée afin d'atteindre un objectif précis et juste: un système de la gestion de l'offre équitable.

C'est pourquoi ils ont invité deux représentants du système québécois à venir leur exposer le cadre dans lequel ils évoluent, ici, au Québec. «Nous ne sommes pas allés leur faire la morale ou leur dire quoi faire. Notre message était beaucoup plus axé sur le fait qu'il est possible de mettre en place un système de la gestion de l'offre, mais que surtout, il fonctionne. Il permet à la fois aux producteurs de lait d’obtenir un prix juste et stable, aux transformateurs un approvisionnement constant et aux consommateurs l’assurance de payer un prix raisonnable», explique Jean Rousseau, visiblement convaincu de l'efficience du modèle québécois en matière de production laitière.

«Nous ne sommes pas allés leur faire la morale ou leur dire quoi faire. Notre message était beaucoup plus axé sur le fait qu'il est possible de mettre en place un système de la gestion de l'offre, mais que surtout, il fonctionne» - Jean Rousseau -

 

Selon Jean Rousseau, le problème que vivent les producteurs français est le manque de cohésion entre les trois syndicats les représentant: ils ne naviguent pas dans le même courant de pensée. À son avis, une association comme l'APLI peut faire la différence dans la résolution de la crise, car elle porte un discours ni polémiste, ni rancunier, ni diffamatoire, jumelé à une volonté de débat et d’échanges et une acceptation des divergences d’opinions.

Des conférences convaincantes

«Ici, au Québec, nous avons vécu une crise similaire dans les années 60. Il y a eu une concertation et l'État a compris puis a pris ses responsabilités. Là-bas, il est certain que le cadre est différent, car il comprend les 27 pays compris dans l'Union européenne», souligne-t-il, ajoutant au passage la grande attraction médiatique accordée aux conférenciers québécois. «À notre arrivée en Europe, avant nos conférences, le taux d'adhésion à l'APLI était de 18,6% des producteurs laitiers. À notre départ, il avait grimpé à 30%. À la lumière de ces informations, on peut définitivement affirmer qu'on a visiblement donné un coup de pouce», calcule-t-il. Lorsqu'on lui demande si le but du voyage était uniquement de donner de l'espoir aux Européens, Jean Rousseau répond qu'en marge de cet objectif, leur visite aura peut-être permis d'aller chercher des appuis en regard de notre système de gestion. «Si d'autres pays emboîtent le pas, il est évident que ce sera un support important pour le maintien de notre modèle qui semble être menacé par l'OMC», conclut-il

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