Si Epsilia s’est fait connaître à travers le monde, c’est surtout grâce à la technologie que l’entreprise a implantée à l’abattoir Levinoff-Colbex de St-Cyrille-de-Wendover où l’on retrouve le système d’agro-traçabilité le plus complet sur la planète.
«Avant, quand un rappel sur la viande était imposé, on était obligé de ramener un lot au complet. Les impacts étaient plus importants. Maintenant, on peut savoir exactement de quel animal provient le problème et rappeler uniquement les parties de cet animal», assure Alain Lemieux, président d’Epsilia.
Ce procédé permet ainsi de recueillir toute les informations sur la bête problématique en l’espace de quatre heures, mais également de garantir une meilleure sécurité alimentaire aux distributeurs et à la population. «Quand ça sort dans le marché, c’est le MAPAQ qui s’en mêle et ça fesse fort. Tu perds le contrôle de tout, vu que ce sont des gens externes qui sont en contrôle. J’ai des clients qui ont eu à subir un rappel et parce qu’ils avaient le système d’informations, ils ont pu contrôler le contrôler dans leur propre usine», raconte M. Lemieux.
La troupe de M. Lemieux a commencé à travailler sur la traçabilité au début des années 2000. Depuis, les normes ont augmenté et aujourd’hui, l’agro-traçabilité est une part intégrante du processus de contrôle de qualité d’un produit. À l’international, la traçabilité alimentaire n’est pas encore obligatoire, mais plusieurs pays prennent de l’avance sur les règlementations en consultant Epsilia. «Le Japon a décidé d’importer notre technologie chez eux. La France, les États-Unis et l’Ouest canadien sont aussi intéressés. On entamera d’ailleurs bientôt une mission commerciale avec le Chili», souligne le président. Cette technologie compte déjà des adeptes majeurs. À ce sujet, un mémoire du Bureau de normalisation du Québec portant sur les enjeux de la sécurité alimentaire dans la province garantit qu’«il y a plus d’avantages que d’inconvénients à progresser vers une approche et un cadre réglementaire global en matière de traçabilité, même si le système québécois est différent de celui qui est en vigueur ailleurs au Canada. L’approche du Québec pour la traçabilité doit donc continuer à s’étendre.»
Crise économique? Connaît pas.Si la récession économique qu’a connue le Canada en 2009 a affecté de nombreuses entreprises, elle n’a pas nui aux 30 employés d’Epsilia, au contraire. «La crise ne nous désavantage pas, puisqu’on amène une valeur ajoutée. Lorsque les gens vivent des crises, la meilleure façon de passer à travers, c’est d’amener de la valeur ajoutée sur ton produit», affirme M. Lemieux. «Ça permet, entre autres, de te démarquer à l’international et grâce à l’agro-traçabilité, on peut prouver son origine. Parce que si tu te bats seulement pour le prix, à un moment donné, c’est le prix qui gagne, mais il y en a qui sont prêts à payer plus cher. Le Japon est prêt à ça car la qualité du produit est plus importante. Notre argument tient majoritairement en cette phrase: avez-vous évalué les impacts d’une non-traçabilité», explique-t-il en ajoutant que de plus en plus de retombées économiques se remarquent.
Le consommateur au courantLa traçabilité complète est de plus en plus présente sur les étiquettes des emballages dans les supermarchés. Il sera même davantage possible d’aller sur un site Internet pour avoir accès à toute l’information concernant le morceau de viande et vérifier son origine, etc. simplement grâce au numéro de l’étiquette. «Les normes ne l’imposent pas, mais on a de nombreux clients qui décident, de façon stratégique, de mettre de l’avant ces technologies-là en fonction du marché», confirme le président d’Epsilia. En affichant ces informations, ils peuvent ainsi tenter de favoriser l’achat local, mais principalement, sécuriser le consommateur.
