Les membres devaient recueillir une somme de 140 000 $ auprès des communautés de Saint-Pierre-les-Becquets et de Sainte-Cécile-de-Lévrard, en parts sociales ou en commandites, pour obtenir l'appui des partenaires financiers et ouvrir l'épicerie. Or, selon l'initiateur du projet et maire de Saint-Pierre-les-Becquets, Jean-Guy Paré, la coopérative avait déjà amassé près de 150 000 $, la semaine dernière. Depuis la création du groupe, plus de 350 foyers sont devenus membres, actifs ou non.
Afin de mettre leur projet sur pied, les membres ont créé un comité de financement en avril dernier. Ils ont donc tenté d'informer les citoyens et de recruter le plus grand nombre de personnes au sein de la Coopérative. Du 15 au 18 mai, ils ont visité plus de 600 familles dans les municipalités ciblées.
M. Paré est très heureux de la solidarité de ses citoyens dans ce dossier. «La nouvelle épicerie sera importante pour l'économie locale, puisque nous récupérerons les 16 emplois perdus avec la fermeture de l'ancien marché d'alimentation. Ce chiffre semble minime, mais il est très important pour une petite municipalité comme Saint-Pierre-les-Becquets», affirme-t-il.
D'après le maire, cette mobilisation démontre que les habitants de sa municipalité sont combatifs. «Quand nous croyons à quelque chose, nous nous impliquons sans relâche et dans la majorité des cas, nous obtenons ce que nous voulons. D'ailleurs, la population avait fait la même chose pour la construction de l'aréna, il y a quelques années.»
Depuis environ 38 ans, le marché d'alimentation Mayrand était présent à Saint-Pierre-les-Becquets Jusqu'à sa fermeture, le 4 avril. Le propriétaire, Jean-Noël Mayrand, a alors pris sa retraite et les acheteurs potentiels n'ont pu s'entendre avec le distributeur. Depuis ce temps, les gens se rendaient à Gentilly ou à Deschaillons-sur-Saint-Laurent, situés à quelques dizaines de kilomètres, pour faire leurs provisions. «Ils sont très révoltés par cette situation. Avec le prix de l'essence, un voyage aller-retour pour faire l'épicerie est dispendieux et plusieurs personnes dans le village n'ont pas de voitures. Ces derniers doivent donc s'organiser pour faire le trajet avec leurs proches», explique Jean-Guy Paré.
La Coopérative de solidarité alimentaire poursuivra ses activités de financement au cours des deux prochains mois, puisque le projet est estimé à 550 000$. Les membres espèrent que le marché d'alimentation, sous la bannière Bonichoix, ouvrira vers la fin juillet.
