L’idée a germé chez un groupe de chômeurs, au Centre-du-Québec. Don Marcotte, de Ste-Eulalie, en est le porte-parole. En septembre 2008, il a perdu son emploi chez Roland Boulanger et Cie, après que la division pour laquelle il travaillait, à Ste-Clothilde-de-Horton, ait dû fermer ses portes.
«On s’est rendu compte que la compétition mondiale avait des répercussions directes sur nos emplois. En parallèle, on a réalisé qu’en privilégiant l’achat de produits du Québec, on pouvait limiter les fermetures d’entreprises et les coupures de postes. À notre avis, pour qu’une entreprise vive, il faut qu’elle vende; c’est au consommateur à faire des choix responsables», résume M. Marcotte.
Ce dernier invite la population du Québec à joindre le mouvement: «On ne demande pas aux gens de ne consommer que des produits du Québec, mais plutôt de les privilégier lorsque c’est possible. Si les consommateurs ne remplaçaient que 5% de leurs achats par des produits d’ici, ça ferait une différence énorme en bout de ligne pour la santé financière des entreprises de chez nous», précise-t-il.
Selon le Mouvement des consommateurs responsables, les charges sociales des fermetures d’usines sont énormes et pèsent lourd sur les épaules du payeur de taxes. «Le consommateur n’est pas tout à fait conscient qu’il a, en quelque sorte, un pouvoir de vie ou de mort sur les entreprises… et sur son propre emploi! Il doit être mieux informé, renseigné et éduqué sur son rôle de leader économique.»
C’est là une partie du mandat que le Mouvement s’est fixé. L’autre volet consiste à promouvoir des produits existants et nouveaux afin de les faire connaître aux consommateurs. Pour ce faire, le Mouvement, qui compte déjà 375 membres selon les évaluations de Don Marcotte, prône la mise en place d’un signe distinctif, de valeur ajoutée, qui serait systématiquement apposé sur les produits du Québec afin de faire valoir leur provenance. Pour l’aider à mousser ses projets, le Mouvement souhaite s’associer à diverses chambres de commerce et autres organismes crédibles.
Une fois la roue amorcée, le Mouvement des consommateurs responsables est confiant de voir ses membres être privilégiés par les entreprises qui ouvriront des postes en raison de la demande accrue pour leurs produits : «Nous sommes convaincus que les employeurs auront une préférence pour embaucher des employés sensibles à l’achat local. Le contraire s’est produit chez GM, alors qu’un bon nombre de ses employés possédaient un véhicule d’une marque concurrente. Conséquence : l’entreprise n’est plus rentable et doit fermer des usines», illustre M. Marcotte.
Le porte-parole estime qu’il est grand temps d’agir. «Onze entreprises ferment leurs portes chaque jour au Québec, dit-il. Il faut freiner ça.»
Consommer de façon responsable… pourquoi pas?
En achetant des produits locaux de façon plus massive, le consommateur contribuerait à maintenir, et même à créer de l’emploi chez nous. C’est à partir de cette prémisse qu’est née, l’automne dernier, l’Association des consommateurs responsables, un organisme qui dessert l’ensemble du Québec et de l’Ontario.
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Commentaires
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- Claude Beaulé, ing. Vertal inc.
- - 27 Janvier 2010 à 12:04:47
Un lien direct entre les manufacturiers et les producteurs locaux devrait être disponible sur internet afin de permettre un contact direct entre les producteurs et leurs clients sans devoir passer par les grossistes. Cette technologie n'était pas disponible jadis mais c'est maintenant possible. Les supermarchés n'auront pas d'autre choix que de réagir afin d'offrir une plus grande place au produits locaux. Claude Beaulé, ing. Vertal inc.
