De jour en jour, son œuvre, nommée «Résilience», prend vie… et se transforme. En effet, son idée de base s’est vue quelque peu modifiée à la suite de plusieurs rencontres intéressantes qu’a faites l’artiste originaire de Charette. «Ça s’est défini petit à petit par ce que je vis ici et par les rencontres que j’ai faites, explique M. Desrosiers. Il y a beaucoup de personnes qui sont venues me voir depuis que je suis ici. Elles m’ont posé beaucoup de questions sur mon travail et m’ont aussi raconté des histoires de toutes sortes. Ce sont des petites choses comme ça, qui semblent banales à première vue, qui me nourrissent et qui s’imprègnent dans ma sculpture.»
Une fois la pierre taillée, on pourra y voir un père qui avance en tentant d’entraîner avec lui un enfant pour qui la route semble pénible. Il porte aussi sur ses épaules un autre jeune enfant visiblement moins âgé que l’autre. Les traits de ce dernier laissent voir qu’il n’a pas pleinement conscience que ce qui lui arrive. De l’autre côté du roc apparaîtra une femme empruntant un chemin différent. Elle tiendra dans ses bras son enfant qu’elle tentera de protéger. À ses pieds se trouvera un crâne, signe que cette femme se souvient des autres enfants qui sont passés par là et qui n’ont pas eu beaucoup de chance.
Le personnage de la mère sera d’autant plus spécial étant donné que M. Desrosiers s’inspirera du visage d’une femme qu’il a rencontrée à l’hôtel au cours de son séjour. «Cette fille-là m’a beaucoup inspiré, confie-t-il. Je ne fais jamais ça d’habitude, mais je vais essayer de reproduire le plus fidèlement possible ses traits faciaux.» Une autre particularité hors du commun pour l’artiste : ses personnages ont un nom. Il raconte que, par exemple, le petit garçon du bas se prénomme Napéo, qui veut dire aîné dans une langue amérindienne, et que Na est le nom donné à la mère. Ce mot maya signifie maman. Le père quant à lui représente le propriétaire de l’hôtel, Denis Beaubien.
C’est d’ailleurs ce dernier qui a approché l’artiste après avoir été charmé par quelques-unes de ses créations que l’on retrouve à Baie-Saint-Paul. Le sculpteur explique que M. Beaubien voulait que l’œuvre réalisée sur son terrain ait un lien avec certains forfaits qui seront offerts aux parents dont les enfants sont malades à compter du printemps prochain. Ces forfaits en question permettront aux familles qui doivent composer avec la maladie de se reposer et de se ressourcer.
Les curieux qui n’ont pas encore vu Claude Desrosiers à l’œuvre auront la chance de le faire jusqu’à la fin du mois de septembre. L’artiste qui devait plier bagage le 20 septembre étirera de quelques jours son passage dans la ville de Nicolet. Il est également possible d’admirer ses œuvres à la Boutique Les Pelleteurs de nuages de l’Hôtel Montfort, de 13h à 16h30, du mardi au dimanche.

