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Un essai historique qui renverse la croyance

La page couverture du livre.

La page couverture du livre.

Francine Beaupré
Publié le 15 Juin 2012
Publié le 14 Juin 2012
Francine Beaupré  RSS Feed

Réjean Morissette vient de publier chez Hurtubise un essai historique sur ce qu’il appelle l’autochtonie au Québec. « Les autochtones ne sont pas des pandas » pose un regard critique sur les prémices historiques qui ont mené le gouvernement québécois à signer des ententes comme la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et celle de la Paix des Braves.

Sujets :
Conseil exécutif , Secrétariat aux affaires autochtones , Territoire du Québec , Développement du Nord-du-Québec , Cris

« Et si nous avions tout faux? Si les 80 000 autochtones du Québec n’avaient jamais été chassés de leurs territoires ancestraux par la civilisation européenne? Et si les certitudes anthropologiques concernant la présence ancestrale des autochtones sur le territoire québécois se révélaient erronées? », peut-on lire au dos de ce livre qui décidément défait les idées auxquelles autant les Québécois que les Autochtones ont adhéré depuis des centaines d’années.

Réjean Morissette a travaillé dans plusieurs ministères pour le gouvernement du Québec, notamment les ministères des Régions, des Finances et celui du Conseil exécutif. Il a également collaboré à la rédaction de la première politique de développement du Nord-du-Québec présentée en 2001.

Il a fait partie de l’équipe chargée de négocier La Paix des Braves, entente historique entre les Cris et le Québec en février 2002. Par la suite, il a travaillé au Secrétariat aux affaires autochtones en tant que responsable des relations gouvernementales auprès de diverses nations autochtones du Québec. Finalement, jusqu’à sa récente retraite, il a été impliqué dans le projet Plan Nord du gouvernement.

Toutes ces années à côtoyer les dirigeants des nations autochtones vivant sur le territoire du Québec lui ont permis de remettre en question des faits que de part et d'autre, tant du côté autochtone que du côté québécois, nous avions pris pour des vérités.

« J’ai parcouru le territoire et j’ai rencontré les chefs et vu tellement de disparité. J’ai vu des gens vivre dans des conditions déplorables alors que dans d’autres communautés la vie est totalement différente. Je propose, par ce livre, une citoyenneté québécoise élargie pour les autochtones dans laquelle l’égalité homme femme et la protection des enfants seraient au cœur des préoccupations», explique-t-il en entrevue.

Pour Réjean Morissette, « le péché originel » de l’Européen qui a détruit et chassé l’indien de son paradis terrestre ne s’applique pas au Québec. « Le mythe selon lequel on serait tous coupables n’a aucun sens. À l’arrivée de Jacques Cartier, ils étaient tout au plus 1000 individus à venir sporadiquement sur le territoire actuel du Québec. C’étaient exclusivement des Mohawks, car ces derniers se réservaient le territoire de la vallée du St-Laurent à cause du gibier et de ces excellentes terres. Ils attaquaient systématiquement toutes les autres nations qui vivaient sur le territoire actuel des États-Unis ou de l’Ontario si elles tentaient de franchir le fleuve St-Laurent. Comment peut-on aujourd’hui avoir reconnu 11 Nations autochtones qui auraient toutes occupé des territoires dont nous les aurions chassés? », se questionne Réjean Morissette. « Aucune des 11 nations ne peut prétendre à ces territoires ».

Les Nations autochtones ont peuplé le Québec au même rythme que se développait le commerce et que les Européens s’installaient ici. « Pour moi, les autochtones sont un des trois peuples fondateurs avec les Français et les Anglais. Nous nous sommes installés ici en même temps », mentionne-t-il.

« En plus de mener nulle part, les relations entre blancs et autochtones sont faussées. Toutes les Nations autochtones se basent sur la Proclamation royale de 1763 pour appuyer leurs revendications. Cette entente concernait les Indiens de l’ouest. L’histoire qu’on nous a racontée est fausse », souligne-t-il.

Avec son livre, il veut remettre l’histoire sur ses pieds et sortir de l’impasse constitutionnelle que représente la Loi sur les indiens. « C’est une loi raciale qui provoque le racisme », martèle-t-il. Ce livre a le mérite de poser la question du poids de l’histoire. « Je n’ai pas fait un livre complaisant. Je voulais réfléchir librement à la culture autochtone au Québec et à la citoyenneté québécoise », conclut Réjean Morissette.

« Les autochtones ne sont pas des pandas » est devenu Coup de cœur après seulement une semaine chez Renaud Bray. Des professeurs d’histoire d’université l’intégreront à leur cours comme lecture obligatoire.

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