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Quand on veut vraiment, on peut réussir! J’en suis la preuve…

Quand on veut vraiment, on peut réussir! J’en suis la preuve…

Quand on veut vraiment, on peut réussir! J’en suis la preuve…

Publié le 14 Juin 2008
Publié le 25 Janvier 2010

Par Johanie Nobert Je vais vous raconter mon expérience comme élève en fleuristerie à l’École d’agriculture de Nicolet. J’ai 23 ans, mère d’un petit trésor, Olivier, âgé de 3 ans et ce qui me distingue : je suis sourde depuis ma naissance.

Lors des premières semaines d’école, j’ai eu de la difficulté à laisser mon fils à la garderie et à voyager de St-Narcisse à Nicolet. Après un mois, je me suis adaptée. Les cours se sont bien déroulés.

Puisque la formation de fleuriste est en alternance travail-études, en octobre, j’ai cherché avec l’aide de mon interprète Nathalie Dauphinais un milieu de stage dans la région de Trois-Rivières. Ce fut plus difficile que je pensais. J’ai réalisé combien les gens étaient réticents à la différence. Cependant, s’ils ne s’arrêtaient pas seulement à mon handicap, ils verraient que je peux réaliser presque les mêmes tâches que les autres fleuristes sauf, bien sûr, répondre au téléphone.

J’ai finalement trouvé un milieu de stage à Grand-mère. La propriétaire est vraiment une personne ouverte et humaine. Elle m’a donné la chance de prouver mes capacités.

J’ai réussi tous mes cours sans exception (à la grande surprise de mes enseignantes!), même les cours de caractérisation des fleurs, verdures et plantes. J’ai dû apprendre des centaines de noms en latin. Pour moi, c’est ce qu’il y a eu de plus difficile. Comme je n’entends pas les sons des mots, je dois apprendre par cœur l’ordre des lettres. Alors imaginez «Aeschynanthus speciosus» ou «Paphiopedilum». Mon interprète et moi avons travaillé fort pour inventer des trucs et des signes à partir du nom français ou de la forme de la fleur, étant donné que, dans la langue des signes, tous ces mots n’existent pas.

Comme l’année scolaire achève et que j’aurai mon diplôme d’études professionnelles en fleuristerie, il ne me reste plus qu’à espérer trouver un emploi. Je possède les qualités essentielles à ma profession: manuelle, créative, très visuelle et débrouillarde. J’aime le travail qui comporte des tâches variées et si on me parle lentement, je peux lire sur les lèvres. Je souhaite sincèrement que les gens me reconnaissent au même titre que les autres diplômées. Ils verront que je ne n’hésite pas à faire des efforts pour réussir.

Ce fut une expérience inoubliable mon passage à l’École d’agriculture et une belle année remplie de réussites.

Merci à Nathalie Dauphinais, interprète, pour son appui à la rédaction de ce texte.

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