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Les décisions économiques ne se prennent pas avant les scrutins

Publié le 22 Février 2012
Publié le 22 Février 2012

Dernière chronique de Martin Michaud

(Par Martin Michaud) - Dans une année d’élection présidentielle aux États-Unis, la réalité économique semble souvent se cacher pour réapparaître une fois le nouveau président élu. Cela est d’autant plus vrai quand les décideurs repoussent les vraies réformes après les élections. Il en sera de même pour 14 pays en élections en 2012.

Sujets :
États-Unis , Grèce , France
Quand la politique s’en mêle

Avec 14 élections en cours dans le monde, comme aux États-Unis, en France et en Belgique, il devient utile de rappeler que les décisions économiques difficiles se prennent pas, surtout pas avant les scrutins. Les États-Unis par exemple, ont repoussé d’importantes décisions financières après les élections de novembre 2012, qui sont très dispendieuse à maintenir. Les dirigeants savent quoi faire, mais penser faire avaler une pilule amère aux électeurs avant une course à la direction d’un pays n’a jamais vraiment été gagnant pour les candidats. Regardons ce qui se passe en Grèce pour constater que les mesures votés dernièrement par les dirigeants en sursis, élection en avril en Grèce, seront appliqués suite à des menaces répétitives de la part des dirigeants de la zone euro. Certain de ces dirigeants de la zone euro ont le beau jeu, puisque montrer une main de fer avec les délinquants grecques, sur le plan financier, remonte leur prestige dans leur pays respectif. Les électeurs de chaque pays devront par contre se souvenir que ces mêmes dirigeants politiques ont fait basculer le pays dans les difficultés économiques depuis 2008. Tout cela en étant imprévoyant et déconnectés de la réalité des marchés financiers et par ricochet de leurs citoyens.

Les banques centrales aussi de la partie

Depuis quelques années, les banques centrales parmi les plus importantes au monde joue les pompiers et vont au secours des États. Mais, malgré leur effort considérable le feu court toujours. Le fait demeure que le manque d’argent semble criant dans plusieurs endroits sur la planète. Par exemple, pour l’exercice en cours, 36 % du budget des États-Unis est un déficit. L’État emprunte un dollar sur trois de dépense. L’an dernier la proportion était de 43 % proche d’un dollar emprunté sur deux. Le Japon, champion du ratio de dette/PIB à 220 %, boucle son budget avec 49 % de déficit pour l’année en cours. Donc un yen sur deux dépensé est emprunté. Sans compter un budget spécial pour les réparations pour les dégâts causés par le Tsunami de mars 2011.

Par comparaison, avec un ratio semblable au Japon le Canada aurait un déficit avoisinant 150 milliards pour l’année en cours alors que nous avons 27 milliards de déficit.

Il manque d’argent se disent les banques centrales, donc nous avons seulement à en imprimer, en clair mettre un gros pansement pour cacher les plaies béantes des problèmes économiques. La banque centrale des États-Unis, la banque centrale de la zone euro, la banque centrale de l’Angleterre ainsi que la banque centrale du Japon multiplient les interventions monétaires sous plusieurs formes afin de mettre de l’argent à bon marché dans le système économique. La banque centrale de la zone euro a prêté 489 milliards d’euros en décembre 2011 aux banques à un taux ridicule puisqu’elles n’étaient plus capables de se financer elles-mêmes. Les vraies réformes attendront, puisque les élections s’en viennent.

Un trou pour 2013-2014

Une fois élus, les dirigeants politiques devront s’attaquer à la réduction des dépenses et augmenter les recettes collectés. Cette austérité devra être plus forte étant donné l’attente des politiciens sur plusieurs années de mesures concrètes de lutte antidéficits. L’austérité n’a jamais vraiment fonctionné, le meilleur exemple vient de la Grèce et des mesures imposés depuis deux ans qui calent économiquement le pays plutôt que le remonter.

Mon départ

Je profite de cette dernière chronique pour saluer et remercier mes nombreux et fidèles lecteurs qui m’ont suivi pendant ces belles années d’écriture partagé avec vous. Bien humblement, j’ai tenté dans le meilleur de mes connaissances et de ma passion pour l’économie et la finance de vous livrer une information exacte et sincère. Je me prépare à relever un nouveau défi et remercie cordialement plusieurs chefs de pupitre qui m’ont accordé leur entière confiance. Je vous souhaite bonne chance et au revoir. Au plaisir d’échanger avec vous sur mon Twitter michaud649.

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