Donald Martel a convié la presse régionale à un point de presse à l’Auberge Godefroy, vendredi, en fin d’avant-midi. Le matin même La Presse Canadienne rapportait que la ministre Martine Ouellet a démontré une ouverture pour que les travaux reprennent, elle qui avait mis fin à la commission parlementaire après avoir été copieusement insultée par la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.
Le député s’est réjoui de la possibilité qu’une motion soit déposée dans l’espoir que la commission parlementaire sur le déclassement de la centrale Gentilly-2 soit remise sur les rails pour qu’un rapport soit complété et déposé à l’Assemblée nationale. «Je souhaite de tout cœur recommencer à siéger, parce que nous avons la responsabilité de compléter les travaux», a-t-il insisté.
« Il y a des gens qui souhaite mettre le couvercle là-dessus au PC, mais il y a sûrement eu des pressions à l’interne pour qu’on la termine, a-t-il commenté. D’un point de vue éthique, ça ne se fait pas d’arrêter ça comme ça en prenant comme prétexte une altercation verbale ».
Un fonds exclusif à Nicolet-Bécancour et Trois-RivièresLe député de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a ensuite présenté les points qu’il aimerait voir figurer au rapport. « Il faut que le fonds serve à notre région dans une perspective à long terme», résume-t-il.
Parmi ses propositions, le député souhaite que 170 millions $ du fonds de diversification économique soit «permanent». C’est-à-dire que l’argent qui sera remis sous forme de prêt soit retourné dans le Fonds à mesure que les entreprises rembourseraient leur dû. «Il pourrait ensuite servir pour d’autres entreprises, explique-t-il. Sinon, le gouvernement retirerait ses billes et n’aurait mis que 30 millions $, soit le montant remis en subvention».
D’ailleurs, le député souhaite que du 15% du fonds de diversification qui doit être remis en subvention, la moitié du montant soit réservé pour des projets sur le territoire de la Ville de Bécancour. «Elle est la plus touchée. Ce serait normal qu’elle soit favorisée», tranche-t-il
Si le ministre Yves-François Blanchet a déjà promis que 75% du fonds serait destiné pour Bécancour et Trois-Rivières, le député souhaite pour sa part que le fonds soit destiné en exclusivité aux régions de Nicolet-Bécancour et Trois-Rivières.
Il tient à ce point, d’autant plus que le député péquiste de St-Maurice, Luc Trudel, a proposé que le fonds serve pour l’ensemble du Québec. «C’est d’autant plus inquiétant quand ça vient d’un membre du gouvernement», ajoute-t-il.
D’autres propositions pour atténuer les répercussionsLe député Donald Martel espère qu’une étude e faisabilité soit faite pour procéder au «déclassement» immédiat de la centrale nucléaire. C’est-à-dire que plutôt que de prendre 30 ou 40 ans, le déclassement pourrait se faire en 10 ou 12 ans.
Ce scénario aurait l’avantage de maintenir des centaines d’emplois pendant de nombreuses années. «Ce pourrait atténuer les impacts, mais aussi de ne pas pelleter le problème dans la cour de nos enfants et petits-enfants», argumente-t-il.
Finalement, le député de Nicolet-Bécancour retient la proposition du syndicat professionnel des ingénieurs d’Hydro-Québec de maintenir en permanence dans la région - idéalement à Gentilly - l’équipe technique spécialisée qui sera affectée au démantèlement.
«Une fois son travail terminé, cette équipe pourra remplir d’autres mandats reliés à son champ de compétence et ainsi permettre de maintenir des emplois de qualité dans la région», soutient le député.
Plus de transparencePar ailleurs, le député de la CAQ a déploré le fait que les critères pour avoir accès au fonds de diversification économique ne soit toujours pas connu.
«Dans le contexte de la Commission Charbonneau, je crois que le gouvernement doit faire preuve de plus de transparence», a-t-il lancé. On a apprenait récemment dans les journaux que Pauline Marois viendra faire elle-même l’annonce des premiers projets. Comment se fait-il que des entreprises connaissent les critères et que toutes celles à qui j’ai parlé ne les connaissent pas?»

