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De touriste à reporter

- Photo, courtoisie

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Publié le 1 Novembre 2012
Publié le 1 Novembre 2012

(NDRL) - Francine Loubert, une collaboratrice de TC Média, était à New York quand Sandy a frappé la Grande Pomme. Elle nous livre ce qu’elle a vécu pendant cette terrible tempête.

Dans la nuit du 29 octobre, plusieurs états de la côte Est américaine, dont celui de New York, ont été durement touchés par la tempête Sandy. Les précautions mises en place par les autorités et les résidents n’ont pu empêcher les vents violents et une immense vague de causer d’importants dommages à la ville la plus populeuse des États-Unis. Aperçu d’une visite touristique qui a pris une tournure inattendue.

Sujets :
Times Square , World Trade Center , New York , Hôpital de Manhattan , New YorkNOTE

Toujours grouillante de touristes, l’île de Manhattan commençait dès dimanche à déployer les mesures qui s’imposent lorsqu’une tempête d’une telle ampleur s’annonce. Fermeture des stations de métro et des ponts, annulation des services de transport ferroviaire et aérien et évacuation de certains secteurs. Dans la portion centrale où nous habitions, à la hauteur de la 51e rue, plusieurs restaurateurs et commerçants ont fermé boutique. On pouvait apercevoir du ruban de masquage dans certaines vitrines pour prévenir les éclats de verre, et des sacs de sable devant les établissements pour empêcher l’eau de s’y infiltrer. D’autres faisaient en revanche des affaires en or, alors que les touristes s’agglutinaient en grand nombre dans les rares boutiques ouvertes pour y acheter des souvenirs de dernière minute.

Plusieurs déambulaient sous la pluie pour prendre des photos de Times Square, à quelques heures de la tempête. J’en suis. Tout comme de ceux qui ont fait la ligne dans les épiceries (dans le plus grand civisme, je me dois de préciser), pour y faire des provisions de nourriture et d’eau avant la catastrophe annoncée. Les fréquentes sirènes que nous entendions depuis la veille contrastaient avec le roucoulement des pigeons perchés à quelques pieds de notre fenêtre. Nous avions fait nos bagages, au cas où nous devrions quitter prestement notre appartement situé au 2e étage.

La vie qui continue versus la désolation

Pendant que la tempête combinée aux marées hautes avait un effet dévastateur sur la portion sud de l’île, une pluie normale et des rafales occasionnelles, mais parfois intenses, troublaient à peine la quiétude de notre secteur de Midtown West. Rien qui s’approche de ce que l’on peut s’attendre d’un tel événement, si ce n’est cette grue qui vacillait dangereusement du haut d’un édifice résidentiel en construction au-dessus de la 57e rue. Ou encore cette plaque d’acier qui venait de se détacher d’un autre bâtiment pour venir s’abîmer sur le trottoir.

Si notre quartier a été passablement épargné, 10 personnes ont pourtant perdu la vie dans la seule ville de New York, écrasées par un arbre, noyées ou électrocutées. Plus de 200 patients d’un important hôpital de Manhattan ont été évacués à la dernière minute suite à l’arrêt de la génératrice. Au-delà de 6000 résidents ont trouvé refuge dans des abris après avoir été évacués, alors que 650 000 personnes (230 000 à Manhattan) continueront d’être privées d’électricité pendant plusieurs jours. Quant aux 5 millions de Newyorkais qui empruntent le métro quotidiennement, ils devront prendre leur mal en patience pour retrouver un service complet. Car à l’instar du chantier de la nouvelle tour 1 du World Trade Center, une eau salée et corrosive a déferlé dans le métro qui connaît sa pire catastrophe en 108 ans d’existence!

Si notre quartier a été passablement épargné, 10 personnes ont pourtant perdu la vie dans la seule ville de New York, écrasées par un arbre, noyées ou électrocutées. -

Un spectacle historique

La tempête qui pourrait bien être la pire que la ville n’ait jamais connue, selon les autorités et des résidents rencontrés le lendemain, a plongé la moitié de Manhattan dans la noirceur. À partir d’une promenade aménagée le long de la East River à Brooklyn, d’où j’avais une vue imprenable sur l’île, j’étais à même de constater mardi soir un spectacle historique, m’a-t-on dit. Celui de la ville qui ne dort jamais paraissant pourtant au repos complet, dénuée de toutes lumières dans sa portion sud. Une scène que les résidents se souviennent avoir vue à deux autres reprises seulement, soit lors des attentats du 11 septembre 2001, et de l’immense panne de courant nord-américaine de 2003.

Ne pouvant quitter New York par train, autobus ou avion, nous avons emprunté l’Interstate 87 à bord d’un véhicule loué, croisant au passage de nombreux convois de l’armée et camions transportant des monteurs de ligne. N’ayant subi comme seuls inconvénients que le report de notre date de retour, nous revenons penauds dans le confort de nos chaumières laurentiennes. Quant aux résidents de New York, ils devront une fois de plus faire preuve de résilience pour affronter une reconstruction qui s’annonce longue et coûteuse.

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