Selon Sylvie Lacoursière, directrice par intérim de la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec, «la négligence est le premier motif pour lequel on intervient, le second étant l'abus physique. Ce sont deux motifs de signalements pour lesquels la tendance nous amène à des augmentations d'année en année. C'est comme si la situation de négligence ou d'abus physique d'une famille se perpétuait de génération en génération. À noter que nous sommes la troisième région au Québec à recevoir le plus de signalements. Fait à noter, ce sont plus de 23% des signalements qui sont faits par les parents, le frère ou la sœur de l'enfant.»
D'après Mme Lacoursière, un tissu social effrité, les difficultés économiques dans certaines familles et une population davantage sensibilisée à la maltraitance envers les enfants sont autant de facteurs qui expliquent le nombre de signalements en Mauricie et au Centre-du-Québec.
«Le nombre de signalements ne reflète pas nécessairement le nombre d'enfants, car certains sont signalés plus d'une fois dans la même année», confie-t-elle.
Des parents au centre de l'interventionCette année, les DPJ ont décidé de davantage impliquer les parents dans les interventions.
«Quand on parle de négligence chronique, on parle d'un parent qui n'a pas eu les bases solides lorsqu'il était enfant. Aider un parent c'est d'abord aider un enfant. On doit briser le cycle de la négligence et c'est ce qu'on travaille tous les jours. Nous avons des parents qui sont sensibles à la cause de leur enfant et qui veulent travailler avec nous. Notre but n'est pas d'être dans le processus longtemps. L'objectif est de laisser le parent prendre ses responsabilités», mentionne Mme Lacoursière.
«On doit signifier aux parents que l'enfant est au cœur de nos préoccupations. Chaque enfant a le droit d'évoluer dans un milieu qui favorise son développement, qui assure sa sécurité et qui permet son épanouissement», ajoute Marc Gobeil de la direction provinciale de la DPJ.
Au cours de la prochaine année, les DPJ suivront attentivement les nouvelles mesures de la loi C-10 (Loi sur le système de justice). Ces dernières entreront en vigueur le 23 octobre. Enfin, les DPJ inciteront le gouvernement à adopter rapidement les amendements proposés dans le projet de loi 81 en matière d'adoption et d'autorité parentale.

