Tel que décidé par le gouvernement du Québec, l'argent recueilli grâce à ces redevances, estimé à neuf millions par année, bénéficiera seulement au «Fonds vert» qui est destiné à permettre la réalisation d'engagements gouvernementaux touchant la gestion intégrée des ressources en eau et l'acquisition de connaissances sur le sujet.
« À Sainte-Marie-de-Blandford, une dizaine de vannes par jour vient chercher l'eau extraite de notre nappe phréatique. Avec le taux de redevance imposé, l'entreprise devra seulement payer environ 2,10$ par camion au gouvernement. Soit presque le prix d'une petite bouteille d'eau!», fait remarquer la mairesse, Ginette Deshaies.
« À ce qu'on sait, en plus, cette compagnie de Nicolet, qui l'embouteille, n'a quasiment rien à faire une fois extraite tellement elle est pure. Ça, c'est payant !», ajoute-t-elle.
«De plus, initialement, le puits exploité par cette entreprise devait être celui des citoyens de Ste-Marie-de-Blandford. L'histoire avait créé beaucoup de remous dans le coin», affirme la mairesse Deshaies. «Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'eau, par chez nous, c'est notre richesse. C'est la seule qu'on a. Et on aimerait bien en retirer un minimum de bénéfice», soutient-elle.
Les municipalités oubliées
C'est pourquoi certains maires craignent d'avoir été oubliés dans les calculs du ministère. «Plusieurs municipalités de la MRC de Bécancour puisent leur eau dans cette nappe phréatique. Ce sont nous, les petites municipalités, qui seront alors aux prises avec une problématique d'approvisionnement si quelque chose survenait», a pour sa part noté le maire de St-Pierre-les-Becquets, Jean-Guy Paré.
De son côté, le ministère de l'Environnement est clair: « La redevance sur l'eau n'a pas été conçue pour assurer de nouvelles sources de revenus aux municipalités, mais plutôt pour soutenir l'amélioration des connaissances sur l'eau et la protection de la ressource», a déclaré une porte-parole du ministère, Hélène Simard.
Une offensive se prépare
Guy St-Pierre, maire de Manseau, laisse entendre que la MRC de Bécancour entreprendra une offensive pour que les municipalités touchent des redevances. « Pour le moment, nous n'avons pas de demande formelle, mais nous commençons à monter un dossier de façon à connaître l'étendue de cette exploitation de nos ressources naturelles. Bref, nous voulons avoir des chiffres et des données précises pour la suite des choses», dit-il.
Les redevances sur l'eau
- Un premier taux de 70 $ a été fixé pour chaque million de litres d'eau prélevé (0,07 $/m³) par les industries des catégories suivantes : eaux embouteillées, fabrication de jus et de boissons, produits minéraux non métalliques, produits agricoles (pesticides et engrais), produits chimiques inorganiques et extraction de pétrole et de gaz. Ce taux vise toutes les industries qui prélèvent ou utilisent 75 m3 d'eau ou plus par jour, en la puisant directement à la source ou par l'intermédiaire d'un réseau d'aqueduc.
- Un deuxième taux a été fixé à 2,50 $ pour chaque million de litres d'eau prélevé (0,0025 $/m³) dans l'ensemble des autres secteurs économiques.
