Les applaudissements, les cris de joie et même les crécelles ont résonné pour saluer les discours des intervenants provenant autant des groupes environnementaux, que des autochtones, du milieu municipal et du mouvement étudiant.
«Ce n’est pas de l’arrogance, mais quand on obtient une victoire, c’est important de la célébrer», a tenu à souligner Christian Simard, de Nature-Québec. «Nous ne célébrons pas la perte de 800 emplois, mais la santé de 500 000 citoyens de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec», a renchéri Guylaine Maroist, coréalisatrice du documentaire «Gentilly or not to be».
Quelques flèches ont également été lancées au comité stratégique qui s’est mobilisé pour tenter de sauver la centrale. «C’est de la petite politique sur le dos des travailleurs, a souligné Éric Ruel, l’autre coréalisateur. Les libéraux demandent une commission qui est réclamée depuis 4 ans».
Kim Cornelissen de l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique a pour sa part annoncé que l’organisme déposera sous peu une stratégie énergétique pour remplacer le nucléaire et les gaz de schiste.
Pour protéger la Terre Mère
Le témoignage le plus senti de cette soirée a sans doute été celui de Raymond Stone, un mohawk de Kahnawake qui a fait le voyage pour démontrer son appui à la cause.
«On ne se lève pas pour se battre contre quelque chose, mais pour protéger notre Terre Mère, a-t-il fait valoir. Nous sommes des alliés. Que nous soyons Mohawks ou Québécois, il n’y a aucune différence entre nous quand la Terre Mère est en train de se faire détruire».
- photo par Sébastien Lacroix">
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Même que selon lui, l’emplacement géographique de Gentilly-2 laisse croire qu’il s’agit d’une stratégie pour détruire les Québécois dans la mesure où la direction des vents et la direction dans laquelle l’eau coule auraient accéléré les effets d’une catastrophe naturelle. «Il faut cesser cette folie qui nous a été imposée», a-t-il conclu.
Une marche dans le calme
Une centaine de manifestants tout au plus ont par la suite marché en direction du parc Champlain avec une immense pancarte sur laquelle il était écrit «Merci».
«C’est la même pancarte sur laquelle il était écrit «non merci» lorsque nous manifestions pour la fermeture de la centrale, mais qui a été sciée en deux», raconte Sébastien Boies, surnommé «Yvon Irradié», qui est célèbre pour avoir lancé des confettis jaunes sur la ministre des Ressources naturelles à l’Assemblée nationale.
Si quelques-uns craignaient un affrontement avec les travailleurs de la centrale ou les tenants de la réfection de la centrale, il n’en a été rien. La marche s’est fait sous escorte policière, à qui les manifestants devaient se référer si des trouble-fêtes venaient qu’à les intimider.
Ils ont crié en chœur : «on ne veut pas gazer, irradier».

