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La nouvelle accueillie froidement à Odanak

Le sous-financement que dénonce le corps de police des Abénakis ne serait pas réglé et pourrait même s’aggraver. Le Courrier Sud

Le sous-financement que dénonce le corps de police des Abénakis ne serait pas réglé et pourrait même s’aggraver.

Publié le 5 Mars 2013
Publié le 5 Mars 2013
Sébastien Lacroix  RSS Feed
Sorel Tracy Express.ca

Renouvellement du financement des corps policiers autochtones

Sujets :
Conseil de bande , SQ , CSST , Québec , Kuujjuaq

À Odanak, c’est par des sentiments partagés qu’a été accueilli le renouvellement du financement des corps de police autochtones, annoncé par le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, lundi après-midi.

D’un côté, c’est par un soupir de soulagement qu’on a appris que le budget ne serait pas amputé de 14,8 millions de dollars comme il était indiqué dans le Budget des dépenses, écartant ainsi les coupes anticipées ou pire… la fermeture.

Comme le rapportait le Sorel-Tracy Express.ca dans sa dernière édition, ce scénario aurait entraîné des réductions d’environ 100 000 $ au poste d’Odanak. Le corps de police des Abénakis, qui fonctionne déjà au strict minimum en termes d’effectifs, aurait dû être amputé d’un policier sur six.

Le financement annoncé par le fédéral, quelques jours après la parution de l’article, serait de l’ordre de 612,4 millions de dollars sur cinq ans, soit environ 122 millions par année pour 163 corps de police autochtones au Canada qui emploient un total de 1250 policiers, ce qui laisse la communauté sur son appétit.

C’est que si cette annonce figure bel et bien au prochain budget fédéral, ce serait donc le statu quo puisque ce montant est sensiblement le même que le budget des deux dernières années (121 234 148 $) qui n’a toujours pas été indexé.

Encore du rattrapage à faire

Le sous-financement que dénonce le corps de police des Abénakis ne serait donc pas réglé et pourrait même s’aggraver. « On accueille la nouvelle froidement, admet le directeur général du conseil de bande, Daniel G. Nolett. Déjà que nous n’avons pas été indexés au cours des deux dernières années, on annonce qu’il y aura une augmentation de 1 % par année alors que l’inflation est de 1,8 % à 2 % par année. Inévitablement, il y aura des coupes, parce que les budgets ne suivront pas. »

Le fait que les budgets n’aient pas été indexés entraîne déjà des problèmes dans les communautés autochtones. « Tout continue de monter, le gaz, les salaires, mais les budgets restent les mêmes. On fait environ 30 000 $ de déficit par année, indique le directeur du poste, Éric Cloutier. Ce sont les conseils de bande qui assument le manque à gagner, mais certains ne seront bientôt plus capables de suivre. »

Il reste donc du rattrapage à faire, insiste le directeur général Daniel G. Nolett. « Il nous faudrait au moins 10 % d’augmentation si l’on calcule le coût de la vie, en plus des besoins réels. Notre budget est présentement de 650 000 $, mais il faudrait qu’il se situe entre 700 000 $ et 720 000 $ par année. »

Pour le moment, les budgets sont financés à 52 % par le fédéral et à 48 % par le provincial. « Ce pourcentage-là, ce n’est pas coulé dans le béton. Si Québec accepte d’inverser ce pourcentage et que le financement fédéral demeure le même, on pourrait aller chercher le manque à gagner de cette façon », ajoute M. Nolett.

Une question de sécurité

Étant donné le budget restreint, les policiers travaillent actuellement toujours en solitaire. Le directeur du poste d’Odanak, qui dessert aussi la communauté de Wôlinak, aimerait pouvoir compter sur trois ou quatre policiers de plus pour être en mesure de doubler les effectifs, particulièrement durant les patrouilles de nuit.

Comme partout ailleurs, il s’agit d’une question de sécurité pour les policiers. « Nous sommes dans un secteur où il y a beaucoup de drogues et c’est de plus en plus dangereux, surtout durant la nuit. On ne veut pas attendre qu’un policier se fasse descendre comme c’est arrivé la semaine dernière dans le coin de Kuujjuaq parce qu’il n’y a pas de back up. »

Il n’y a que dans les communautés autochtones où les policiers ne sont pas doublés durant la nuit. « Pourquoi ? Est-ce que c’est parce qu’ils sont moins importants, demande Éric Cloutier. À la SQ ils sont toujours doublés. La CSST le recommande très fortement et c’est un point qui est non-négociable pour les syndicats. »

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