Organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Bécancour, le débat a duré environ deux heures. L’événement a rassemblé quelque 95 personnes venues entendre les promesses électorales de chacun. Quatre grands thèmes ont mené les discussions : la santé, le développement local, l’éducation et l’économie. Pour chacun de ces aspects, les candidats ont bénéficié de trois minutes pour étaler leurs propositions, après quoi ils ont pu, à tour de rôle, poser une question à la personne de leur choix.
Santé
C’est le thème de la santé qui a donné le ton aux échanges. Premier à prendre la parole, Donald Martel de la Coalition Avenir Québec a d’entrée de jeu fait mention du temps d’attente dans les hôpitaux qui ne cesse d’augmenter. «Le Parti libéral avait dit que l’attente allait diminuer, mais, au lieu de ça, c’est le contraire qui s’est produit, a-t-il lancé. Avant, on pouvait attendre une à deux heures, et maintenant c’est rendu dix à douze.» M. Martel a rappelé la promesse de son chef, François Legault, de permettre à tous les Québécois d’avoir accès à un médecin de famille au cours des 12 premiers mois de son mandat.
D’un point de vue local, il entend préserver et renforcir la mission du CSSS de Nicolet-Bécancour. Au tour de Jean-Martin Aussant de prendre la parole, le chef d’Option nationale a exprimé son désir d’informatiser le système de santé afin d’alléger la tâche bureaucratique des médecins, leur permettant ainsi de voir plus de patients. S’il était au pouvoir, M. Aussant développerait un système de santé universel et public. «Le problème actuellement, c’est qu’il n’y a aucun gouvernement qui a osé tenir tête au lobby des médecins pour changer les choses», a-t-il déploré.
Le candidat du Parti québécois, Gilles Mayrand, s’en est aussi pris à Jean Charest en qualifiant d’«échec total» son travail dans le domaine de la santé au cours de ses derniers mandats. Selon M. Mayrand, la taxe santé devrait être abolie. Il considère cette mesure injuste vis-à-vis des plus démunis. Marc Descôteaux du Parti libéral a pour sa part défendu les actions de son gouvernement. «Il y a eu un doublement du nombre d’admissions en médecine, a-t-il commencé. L’objectif est de combler la pénurie de médecins pour 2016. Et on va y parvenir.»
Les propos de M. Descôteaux ont fait réagir Jean-Martin Aussant, qui a demandé au candidat libéral d’expliquer pourquoi, cette fois, les gens devraient croire Jean Charest quand celui-ci promet de réduire le temps d’attente dans les hôpitaux. Ce à quoi Marc Descôteaux a simplement répondu que le cap est maintenu et que les actions nécessaires seront déployées.
Développement local
Fut ensuite question de développement local. C’est le candidat libéral qui a été le premier à s’exprimer à ce sujet. Selon lui, le développement du comté passe d’abord par une chose : être à l’écoute des gens et de leurs besoins. N’ayant pas été plus bavard sur ce point, il a terminé en affirmant que son parti et lui ont l’ambition de leurs moyens.
Gilles Mayrand mise quant à lui sur l’apparition d’Internet haute vitesse dans tous les petits villages éloignés, qui n’ont pas encore accès à cet outil. Il a aussi abordé la question du doublement de l’autoroute 55. «C’est une priorité pour des questions de sécurité», a-t-il dit. Une idée que partage Jean-Martin Aussant, qui en a aussi fait mention.
En matière de développement local, ce dernier entend plutôt investir dans la culture. Il croit que les musées et les salles de spectacles, notamment, gagneraient à être améliorés dans le but d’attirer le tourisme. Le chef d’Option nationale ajoute à sa liste le prolongement de l’autoroute 30 entre Nicolet et Bécancour. «Actuellement, on attend que la région se développe avant de la prolonger. Mais nous, à l’inverse, on croit que c’est justement de mettre une autoroute qui va faire en sorte que la région va se développer plus vite.»
Pour sa part, Donald Martel propose de mettre l’emphase sur les bibliothèques et les terrains de loisirs. Pour inciter les gens à venir s’établir dans le comté, il est d’avis que la solution est d’offrir des emplois à forte rémunération. «Plus on va avoir des emplois payants, plus les gens vont être tentés de venir s’installer ici.»
Ce n’est toutefois que lors de la période de questions que le candidat caquiste a été contraint de prendre position, et ce pour la première fois, en ce qui concerne le dossier de la centrale nucléaire Gentilly-2. Et c’est du côté de ceux qui sont en faveur de la réfection de l’usine que s’est rangé Donal Martel. «Je souhaite la restauration de la centrale, à condition que l’électricité produite soit rentable.»
Éducation
Interrogés sur les mesures qu’ils s’engagent à prendre en matière d’éducation, les candidats ont chacun partagé une vision bien différente. Si Marc Descôteaux mise sur la formation de la relève en milieu rural, Donald Martel est plutôt d’avis que les cours au primaire et au secondaire devraient prendre fin à 17h.
Et que dire de la crise étudiante qui divise Gilles Mayrand et Jean-Martin Aussant. Alors que le candidat péquiste promet que les frais de scolarité seront réduits de 82%, le chef d’Option nationale veut abolir définitivement ces coûts. Une idée qui fait grincer des dents le candidat libéral. «La gratuité scolaire, c’est un mythe, réplique Marc Descôteaux. Tout le monde doit payer un petit peu.»
Économie
Le dernier thème abordé mais non le moindre a été celui de l’économie. La vision de M. Aussant est très claire à ce sujet. Il croit que le seul moyen pour le Québec de s’enrichir est de nationaliser les ressources naturelles. En réponse à cela, Marc Descôteaux a répliqué que son parti est celui de l’économie que et qu’il est faux de croire que les Québécois ont toutes les compétences nécessaires pour exploiter les richesses naturelles présentes sur le territoire. «Je crois que c’est un leurre, que c’est une chimère de croire qu’on va avoir toutes les compétences pour faire ça.»
Piqué, M. Aussant a tendu un piège à son rival libéral. «Si le gouvernement Charest est contre le fait qu’une société d’État gère les ressources, pourquoi laisse-t-il des sociétés d’État étrangères venir chercher notre fer?», lui a-t-il demandé d’un air moqueur, visiblement fier de son intervention.
Quant à lui, M. Martel s’est dit en accord avec le Plan Nord du Parti libéral. Toutefois, il juge qu’il faudrait sept à huit initiatives comme celle-ci pour que l’économie batte son plein. De son côté, Gilles Mayrand souhaite supporter les agriculteurs et les aider dans le transfert de leur propriété à leurs enfants. Une mesure qu’il applique également à la relève pour les autres secteurs de l’économie.

