Sylvie Charbonneau, porte-parole du comité, rappelle que depuis deux ans, son groupe s’est présenté à plusieurs reprises à la Table des maires pour solliciter un moratoire. «On nous l’a toujours refusé. On faisait face à un dialogue de sourds. Peu à peu, la discussion avec eux a tourné au vinaigre. On était déçu, parce que ce n’était pas dans cette optique qu’on voulait travailler avec eux.»
Selon elle, les élus s’étaient trop liés au ministère, qui leur avait «vendu» le projet en leur promettant de bien belles choses : «La ministre Nathalie Normandeau, à l’époque, les avait rencontrés et leur avait promis un genre de statut, une place à une table consultative».
Elle rappelle également que le directeur général de la MRC, Donald Martel, s’était lui aussi prononcé en défaveur du moratoire. Un discours qui a changé du tout au tout lors de sa campagne électorale qui l’aura mené au poste de député de Nicolet-Bécancour, le 4 septembre dernier.
«Il s’agit là d’un revirement de situation inattendu et d’une excellente nouvelle pour la cause, estime Mme Charbonneau. Lorsqu’il était directeur général de la MRC, il nous disait qu’il n’était pas capable d’accéder à notre demande, qu’il fallait attendre les résultats de l’étude environnementale, et que le moratoire viendrait seulement si c’était clairement démontré que c’était dangereux.»
«Peut-être qu’au fond de lui, il avait une position différente de celle des maires et qu’il n’osait pas la faire valoir. Ou encore, peut-être doit-il suivre une ligne de parti, suggère-t-elle. Mais ce qui est à l’origine de ce revirement nous importe peu, car s’il est fidèle à ses promesses électorales, il sera un allié de taille pour nous, compte tenu de sa longue implication comme ancien directeur général de la MRC et de la crédibilité qu’il s’est forgée avec les années auprès des entrepreneurs, maires et conseillers de la table des maires.»
Le comité se dit curieux de voir quel type de coopération Donald Martel offrira dans le dossier de la filière des gaz de schiste.

